Par F | décembre 20, 2010 9:43

Que se passe-t-il vraiment au sein du FLN ? Ce qui est appelé «mouvement de redressement» ne concerne pas uniquement les hauts cadres du parti (ministres, ambassadeurs et parlementaires) et la base militante, mais s’étend jusqu’aux organisations satellitaires qui constituaient jusqu’à présent la véritable force de frappe du FLN.

Plusieurs associations de soutien au programme du Président Bouteflika, des antennes de l’Organisation des fils de chouhada et d’autres acteurs de la société civile, habituellement ralliés au FLN ont, en effet, déclaré rejoindre le «mouvement de redressement» initié par des figures emblématiques de l’ex-parti unique, à l’instar du
diplomate Hadjar.

La contestation n’est donc pas une simple «colère passagère» symbole de la «bonne santé» dont jouirait le FLN, comme ne cesse de ressasser son Secrétaire Général, Abdelaziz Belkhadem. Les mouvements en cours laissent plutôt supposer une démarche réfléchie, comme ce fut le cas du temps de Ali Benflis.

L’arroseur arrosé ? Tout porte à le croire. Des sources proches du FLN, contactée par «Algérie-Focus.Com» révèlent l’existence d’un «véritable coup d’Etat» mené actuellement avec deux objectifs affichés : Affaiblir le parti et chasser Belkhadem de sa tête.

Éclairage

Belkhadem veut devenir Président, Saïd Bouteflika n’apprécie pas

Selon nos sources, l’actuel SG du FLN, Abdelaziz Belkhadem, s’est attiré les foudres du clan de Bouteflika en annonçant, lors d’une
réunion privée, «ses ambitions présidentielles». «Il est temps pour moi de se présenter aux élection présidentielle» aurait lâché Belkhadem. Cette ambition s’est par la suite confirmée par la composition au sein du FLN d’un véritable «Gouvernement parallèle» qui a fait office de répétition générale avant les échéances de 2014. Une
initiative qui qui s’est soldée par un échec, puisque le Patron du FLN s’est vite fait rappelé à l’ordre.

«Ce n’est pas vraiment le Président Bouteflika qui a été dérangé par le nouveau statut de présidentiable revendiqué par Belkhadem, mais son cercle familiale (comprendre Saïd, Ndlr). Cette option n’arrange pas un certain scénario de succession envisagé », nous déclare une source crédible. Traduction : les ambitions présidentielles de Belkhadem constituent une concurrence et une menace au projet de Saïd Bouteflika de succéder à son frère.

“C’est depuis à partir du moment que Belkhadem a osé prétendre accéder au Palais d’El Mouradia que les problèmes ont commencé au sein du FLN, avec un alibi complètement intempestive, celui de sauver le parti, alors que c’est tout le contraire qui se trame», poursuit notre source.

Modus Operandi

Le cercle présidentiel lance ainsi une offensive anti-Belkhadem. Des proches du parti indiquent que des réunions sont, périodiquement, tenues dans une villa appartenant à un des frères du Président, où se rencontrent des figures du «mouvement de redressement» avec d’autres acteurs de cette opération, dont un des frères du Président Bouteflika et un certain… Ali Benflis !

La présence de l’ex-SG du FLN, lui-même chassé par un autre «mouvement de redressement» mené par Belkhadem étonne à plus d’un titre. Quel deal peut-il y avoir entre les proches de Bouteflika, ennemi juré de Benflis et ce dernier ? Mystère!

En tout état de cause, c’est dans ces réunions que la mort lente du FLN est orchestrée, ainsi que l’éviction de son actuel SG. Objectif : barrer la route à un éventuel concurrent et affaiblir le FLN pour qu’il ne constitue pas un rival au cas où le parti de Saïd Bouteflika serait officiellement créé.

Yasmina B.


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