Le groupe pharmaceutique public Saïdal vient de se doter d’un centre national de bio-équivalence, dont la mission consiste à «réaliser des études sur l’efficacité des médicaments génériques par rapport aux princeps», comme l’a signalé aujourd’hui le nouveau PDG du groupe, Mohamed Hamouche.

«Le centre assumera cette mission en collaboration avec le ministère de la Santé, notamment le centre national de contrôle des produits pharmaceutiques de Dely Brahim. Une fois opérationnel, le centre réalisera deux études avant  d’élargir son activité, à l’avenir, à 20 études par an», indique celui-ci dans des propos repris par l’APS.

A partir de là, les consommateurs des génériques produits par Saidal peuvent se demander comment fait actuellement l’entreprise pour attester de l’efficacité des médicaments qu’elle fabrique. De plus, ce centre, qui dépend du groupe pharmaceutique public, aura-t-il toute la latitude de remettre en cause un produit fabriqué par l’entreprise elle-même. En d’autres termes, peut-on être juge et partie en même temps ?

Mohamed Hamouche a, par ailleurs, signalé que ce centre «effectuera des études de bioéquivalence sur trois types de médicaments génériques produits par Saidal, notamment ceux destinés à certaines maladies répandues en Algérie, avant d’élargir son activité à d’autres médicaments produits par des opérateurs pharmaceutiques nationaux».

Dans l’absolu, un centre du genre est nécessaire pour le secteur pharmaceutique algérien, d’autant plus que de nombreux malades expriment des doutes quant à l’efficacité des génériques. Certains d’entre eux cherchent toujours un princeps avant de se résigner à acheter un générique. D’ailleurs, l’autre objectif de ce centre n’est autre que l’encouragement de la production et consommation du médicament générique.

Elyas Nour