Déportés et internés dans les camps du Sud durant la décennie, les « Irradiés de la République » adressent ce vendredi une lettre ouverte au six candidats à l’élection présidentielle.

Ils s’estiment lésés, oubliés, marginalisés. Mais dans la course à la présidentielle, les anciens déportés des camps du Sud durant la décennie noire veulent faire entendre leur voix. Ce vendredi, le Comité de défense des internés des camps du Sud a ainsi publié un courrier dans lequel il interpelle directement les six candidats, qui briguent le poste de Président de la République.

« Abandon inhumain »

Dans ce courrier, le Comité reproche aux six candidats de n’évoquer nulle part dans leur programmes et leur discours le cas des ex-déportés Algériens, enfermés après le coup d’Etat militaire du 11 janvier 1992 dans des camps établis au Sud, dans des zones irradiées par les essais nucléaires français. « Les victime de cette injustice survivent aujourd’hui sans droit, surtout sans couverture médicale conséquente, malgré les pathologies radio induites cancéreuses, résultat du placement calculé en zones dangereuses pour la santé », s’indigne le Président du Comité de défense des internés des camps du Sud, Nourredine Belmouhoub, dans cette lettre ouverte. Il écrit encore : « Les veuves et les enfants de nos co-déportés, qu’un cancer a arraché à ses proches, sont eux livrés à un état d’abandon inhumain, sans précédent ».

Rien dans les programmes électoraux

Que proposent les candidats en course pour el Mouradia ? Comment Abdelaziz Bouteflika, Louisa Hanoune, Ali Benflis, Abdelaziz Belaïd, Moussa Touati et Ali Fawzi Rebaïne comptent réparer cette « injustice » et indemniser les familles des quelques 80.000 Algériens, qui ont été envoyés dans ces camps radioactifs, s’ils sont élus le 17 avril prochain ? Le comité de défense des internés des camps du Sud attend des engagements clairs de la part de ces six candidats à la présidentielle. Les proches et les amis des ex-déportés « aimeraient connaître ce que votre programme politique prévoit au sujet de la question des déportés car jusqu’à présent aucun candidat à la Présidence n’a évoqué le drame des « Irradiés de la République » », interpelle Nourredine Belmouhoub.

 

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