Algérie : des Wilayas sans Walis, c’est « normal » !

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Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaïz, a indiqué jeudi dernier à l’APN que la vacance du poste de Wali dans trois wilayas, depuis bientôt une année n’affecte en rien la gestion des affaires de ces collectivités. Pour lui, la situation y est « normale »!

Trois wilayas du pays sont sans Walis depuis plusieurs mois. Aïn Temouchent et Ralizane depuis mai 2014, date à laquelle les derniers occupants de ce poste ont été promus ministres à l’occasion du dernier remaniement ministériel. Annaba depuis décembre 2014, suite à la mort de son dernier wali dans les conditions que l’on sait.

Cependant, cette situation de vacance du poste du « représentant de l’Etat dans la wilaya » n’inquiète, vraisemblablement, pas notre gouvernement. Il le fait savoir par la biais de son ministre en charge du secteur. Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaïz, a, en effet, indiqué jeudi dernier à l’APN, que ces wilayas fonctionnent « normalement ».

Donc, selon M. Belaïz, le gouvernement peut s’en passer de son « délégué » sans que cela n’affecte la gestion des affaires de cette collectivité territoriale! Autrement dit, le secrétaire général de la wilaya, qui assure l’intérim en pareilles circonstances, peut cumuler sa propre fonction et celle du Wali. Si cela est valable exceptionnellement et provisoirement, il ne saurait l’être pendant presque une année, contrairement à ce qu’affirme le ministre de tutelle. Sinon, pourquoi ne supprime-t-on pas ce poste de Wali, de surcroît budgétivore, en le fusionnant avec celui de SG ? Ainsi, tout le monde aura gagné puisque « la mise en oeuvre solidaire des politiques publiques et de la concertation entre les collectivités territoriales et l’Etat », prévues par la loi, ne seront nullement affectées, à en croire M. Belaïz. On aura ainsi économisé les charges du wali assumées par le contribuable. On aura surtout traduit en actes la devise de la wilaya : « Par le peuple et pour le peuple ».

Mais dans un pays où la vacance du poste du président de la République, comme ne cesse de le dénoncer nombre d’acteurs et de personnalités politiques, est perçue comme normale, que pourrait-on dire de celle d’un Wali ?