Le général à la retraite Khaled Nezzar a prétendu, dans une contribution publiée par le journal électronique Algérie patriotique appartenant à son fils, rétablir une vérité historique concernant ses relations avec feu Ait Ahmed et cela, quelques jours seulement après sa mort.

Khaled Nezzar a affirmé qu’il n’avait aucunement «proposé à feu Hocine Aït Ahmed le poste de président de la République», remettant ainsi en cause des propos tenus par le vieil opposant lui-même et largement repris par les médias nationaux et internationaux depuis les années 90, comme l’atteste cette vidéo :

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L’ex-général a tenté, à travers un récit des événements que seuls lui et son ancien collaborateur, le général Mohamed Touati peuvent corroborer, de remettre en cause le parcours politique exemplaire de Hocine Ait Ahmed.

Nezzar a indiqué que le général Touati avait pour mission précise de le convaincre de rentrer au pays fin 1993, pour participer à la transition démocratique et aider à la solution de la crise dans laquelle se débattait le pays. Sa réponse négative a estimé Nezzar, «fut une nouvelle occasion ratée pour l’Algérie».

Nezzar n’a pas manqué de louer le rôle joué par l’armée durant la guerre civile, affirmant «que le destin des sociétés humaines est conditionné par le rôle assumé par leur armée durant les moments décisifs», une manière de dire qu’il a du prendre des décisions difficiles pour sauver l’Algérie contrairement à d’autre qui se sont dérobé à ce devoir.

Dans ce contexte, il a également remis en cause l’action des leaders politiques algériens depuis la création du Parti du peuple algérien (PPA). A ce propos, il a dit que tout au long de sa carrière militaire, il s’est interrogé sur la responsabilité des hommes politiques. Que ce soit à l’époque du PPA-MTLD, à l’aube de la Révolution, en 1954, en 1962, «la période trouble de l’indépendance», en 1992 et tout au long de la période qui s’en est suivie, «marquée par une gouvernance chancelante qui, malheureusement, perdure. En grande majorité, ces hommes se sont soustraits à leur devoir». Nezzar semble dire que le politique avait toujours tort et le militaire était toujours là pour sauver l’Algérie ! Des fantasmes dangereux qui sont l’exact contraire de la vérité et qui entrent en droite ligne dans le langage provocateur de l’ex-général.

Après avoir démenti un fait connu depuis des décennies, avec un certain confort, car la personnes concernée n’est plus de ce monde pour lui apporter la contradiction, et après avoir mené une entreprise de dénigrement contre l’action politique menée par de braves et valeureux nationalistes, l’ancien officier de l’armée coloniale, un combattant de la 25e heure, a insinué que feu Hocine Ait Ahmed était à la solde de la gauche française. Il a affirmé à ce propos que le FFS est membre de l’Internationale Socialiste (IS) «héritière directe de l’Internationale ouvrière socialiste française (IOS), incarnée par le triumvirat Mitterrand, Rocard et Jospin, et dont le courant a embrassé la période de la guerre d’Algérie et celle qui a suivi l’indépendance».

Cette sortie médiatique a suscité une profonde indignation en Algérie, notamment sur les réseaux sociaux où de nombreux commentateurs ont déploré ce qu’ils qualifient « d’atteinte à la mémoire du défunt Hocine Aït Ahmed ». L’artisan de la répression d’octobre 1988 et l’un des principaux protagonistes de la tragédie des années 90, en se jouant de la vérité historique et en se laissant aller à des insinuations méprisantes, se rend coupable d’un dérapage immoral. Il n’y a en effet aucune gloire à tirer lâchement sur un mort.

Massi M.