Alors qu’hier jeudi 23 juin 2016, les forces de sécurité ont bloqué l’enregistrement de l’émission Ness Stah de la chaîne KBC et encerclé le siège d’El Watan, Reporters sans frontières (RSF) exprime sa solidarité avec les journalistes de ces deux médias et appelle l’Etat algérien à respecter leur indépendance.

Dans la journée d’hier, jeudi 23 juin, l’enregistrement de l’émission satirique Ness Stah (quotidienne pendant le mois du ramadan) de la chaîne KBC, propriété du groupe de presse arabophone El Khabar, a été arrêté en plein tournage par des éléments de la gendarmerie nationale, et les équipes empêchées de travailler. Le soir même, c’est le nouveau siège du média francophone El Watan qui est encerclé par les forces de police. Ces dernières, encore sur place vendredi après-midi, ont interdit l’accès au local. Dans les deux cas, comme dans celui de la mise sous scellésquelques jours auparavant de l’émission Ki hna Ki enass (KBC également) qui emploie 70 personnes, les autorités algériennes avancent l’absence d’autorisations administratives.

Nous sommes très inquiets pour El Khabar et maintenant El Watan, déclare Yasmine Kacha, responsable du bureau Afrique du Nord de RSF. Si ces médias qui se sont tant battus pour le droit d’informer ne disposent pas de certaines autorisations, un délai de régularisation devrait pouvoir être envisageable. La rapidité et l’agressivité avec laquelle ont agi les autorités cette dernière semaine laisse à penser qu’il y a un réel désir de voir disparaître une certaine presse critique. RSF affirme sa solidarité avec le journalisme indépendant incarné en Algérie par ces deux médias, et appelle les autorités à ne pas entraver leur travail.”

Pour rappel, le tribunal administratif de Bir Mourad Raies s’est prononcé en référé le 15 juin pour le gel temporaire par la justice de son rapprochement financier avec le groupe privé Nessprod. Dans un communiqué, RSF s’est dite choquéepar cette décision et à appeler au respect du choix des journalistes et des propriétaires du média.

L’Algérie occupe la 129e place sur 180 dans le Classement 2016 de la liberté de la presse, publié par RSF.

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