L’association le  DEFI  pour les enfants inadaptés mentaux est une association à caractère caritatif fondée en 2006. Opérant dans les communes de Seddouk et Beni Maouche dans la wilaya de Béjaïa, cette dernière essaye, tant bien que mal, d’intégrer les enfants en situation de handicape dans la société. Un but qui ne peut être atteint sans une prise en charge précoce au niveau des établissements scolaires assurée par des équipes pluridisciplinaires. Un plan ambitieux qui a besoin d’une synergie entre tous les acteurs de la société.       

Le DEFI a mené bien des combats pour tenter d’accompagner « les enfants inadaptés mentaux » dans leur processus d’intégration. Mais le combat qu’elle mène actuellement est peut-être le plus décisif. Malgré toutes les difficultés rencontrées, l’association préfère parler de démarche collective et de synergie entre acteurs de la société et non pas de combat. Le projet défendu actuellement est celui de la prise en charge précoce à partir de l’école primaire, et s’il venait à être concrétisé, ce « dispositif d’appui et d’accompagnement à la scolarisation des enfants en situation de handicap en milieu ordinaire » deviendrait un cas d’école avant qu’il soit généralisé partout sur le territoire national.

Advertisement

C’est une entreprise difficile, mais pas impossible affirme Kebiche Aïssa, président de cette association . Pour lui, la réussite de ce projet dépend de la mise en place d’un dispositif comprenant une équipe pluridisciplinaire de professionnels ayant pour tâche le dépistage du handicap ainsi que l’accompagnement médical, psychologique, éducatif. Un plan de formation spécifique destiné aux enseignants sera également mis en place pour favoriser une dynamique d’échange et de concertation entre les accompagnateurs, les familles, et les enseignants.

La prise en charge de la famille semble occuper une place cruciale dans cet ambitieux projet. Pour l’association, les parents doivent bénéficier d’un soutien et doivent aussi être orientés. L’on évoque même un plan d’accompagnement et de prise en charge psychologique et administratif des familles. Pour ce faire, le DEFI compte sur  une « implication totale des partenaires telle que : la direction de l’action sociale, agence de développement local, la direction de la santé publique, la direction de l’éducation, les pouvoirs publics et organisation de la société civile ».

Malgré son positivisme, l’association avoue quand même qu’elle fait face à des difficultés qui lui semblent insurmontables sans l’appui de tous les partenaires dans la société. Parmi ces problèmes, elle énumère le phénomène d’exclusion et  de refus de scolarisation de certains enfants  en situation de handicap ou encore celui du nombre important d’enfants en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire  (50 établissements). Il y a aussi les difficultés liées au manque de  moyens adéquats pour une meilleure scolarisation (accessibilité, tables, chaises, un matériel pédagogique adapté), mais aussi, le manque de qualification des enseignants pour un meilleur accompagnement de ces enfants.

M.M.