Les employés de la chaîne de télévision privée Al Djazairia sont en colère. Pour cause : trois mois de salaire non payés, des frais de missions non garantis et un climat de travail tendu. Le patron dément en bloc et confie qu’il ne sait même pas d’où émanent ces plaintes !

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« Cela fait trois mois que nous n’avons pas reçu de salaire », expliquent des employés de la Sarl Al Djazairia Service dans un courrier parvenu à notre rédaction. À ce sujet, ils confient que leurs inquiétudes sont grandissantes, car la situation risque de durer. « L’administration ne communique plus à ce sujet », affirment-ils, soulignant que la direction suggère aux mécontents d’aller déposer des CV ailleurs.

Le courrier révèle que « le problème ne se résume pas à la seule question des salaires ». Selon lui, le directeur de la chaîne de télévision, M. Mohamed Saleh Daas fait régulièrement usage de la menace afin de dissuader quiconque de soulever les problèmes que rencontre le personnel. Il est expliqué que le patron a déjà licencié abusivement des employés pour en faire des « exemples ».

L’autre problème soulevé est celui des frais de missions. Selon la même source, le directeur refuse de garantir les frais de missions aux journalistes et autres caméramans lors des déplacements à l’extérieur de la capitale. Il est souligné que le média ne rencontre pourtant pas de problèmes financiers. « Notre chaîne est très attrayante et les annonceures viennent par paquets », est-il écrit.

À la fin, ces employés déplorent un climat de travail tendu et inadéquat où « l’étique du métier est totalement bafouée ». Cette situation serait due à un conflit entre le directeur de la chaîne et le directeur des opérations M. Samir Boudjadja. « L’entreprise se trouve, de ce fait, scindée en deux groupes qui se livrent une guerre d’influence. Nous, nous sommes que des dommages collatéraux d’une situation de conflit qui n’a que trop duré », est-il souligné.

Contacté par nos soins, le directeur d’Al Djazairia, Mohamed-Salah Daas, dément tout ce qui lui est reproché. Ce dernier reconnaît toutefois qu’il y a un retard d’un mois et qui va être réglé dans les 48H. À ce sujet, il a indiqué qu’il tient des réunions quotidiennes avec sa rédaction et que la chose a été soulevée en présence de tous les journalistes.

Concernant les frais de missions, il assure qu’elles sont versées à qui de droit. « Quand il y a une prise en charge totale par quelqu’un qui l’assure, je trouve anormal qu’un journaliste réclame des frais de mission », a-t-il indiqué.

En ce qui concerne le conflit entre lui et le directeur des opérations Samir Boudjadja, il dément tout ce qui a été rapporté dans la lettre. Selon lui, il n’y a aucun conflit au sein d’Al Djazairia et que tout le monde est sur la même longueur d’onde. À la fin, M. Daas se dit perplexe. « Je ne sais même pas de qui émane ce ces plaintes. Le courrier qui vous est parvenu et le même que j’ai sur mon écran et il n’est même pas signé », a-t-il fait remarquer, suggérant que le succès de la chaîne et les nouveaux concepts introduits font grincer des dents.