Le président du Haut conseil islamique (HCI), Bouabdellah Ghlamallah, a tiré la sonnette d’alarme au sujet du poids du salafisme en Algérie. Un courant religieux devenu au fil du temps puissant, d’après lui, par «la force de l’argent». «Il est puissant parce qu’il a la force de l’argent. Il contrôle le marché informel qui menace les équilibres financiers du pays. Ces gens cachent leur argent pour éviter la traçabilité et font tout pour gagner plus.

La plupart de ces commerçants excellent dans la surfacturation et l’évasion fiscale. Pour eux, la religion n’est qu’une couverture», a déclaré l’ancien ministre des Affaires religieuses dans un entretien paru aujourd’hui sur les colonnes du quotidien «El Watan».

Celui-ci a évoqué «ces personnes qui refusent de confier leur argent aux banques et qui encouragent l’économie informelle», dont la majorité «font partie du courant islamiste». Si Ghlamallah est monté au créneau contre le salafisme, mais aussi le chiisme ou l’ahmadisme, c’est parce qu’ «ils agissent tous pour des forces extérieures et contre l’intérêt du pays».

D’ailleurs, le président du HCI a affirmé que les autorités saoudiennes ont intercédé auprès de lui quand il était ministre des Affaires Religieuses pour qu’il désigne Cheikh Ferkous imam d’une mosquée. «Lorsque j’ai été en Arabie Saoudite en tant que ministre, on m’avait demandé de lui attribuer une mosquée.

Je leur ai dit : D’accord, mais à condition qu’il revienne publiquement à travers son compte sur les réseaux sociaux sur toutes ses déclarations contraires au référent national. Il ne l’a pas fait. Je ne lui ai pas permis d’avoir une mosquée», a-t-il déclaré. Allant plus loin, Ghlamallah a affirmé qu’il y a «un vrai problème» de sécurité relatif à la venue en Algérie, en tant que conférencier, d’exégètes qui développent un discours contraire au référent national. Il s’est posé, à ce titre, la question comment le saoudien, qui a nommé récemment Ferkous en tant que représentant des salafistes en Algérie, a été invité pour une conférence par l’université d’Oum El Bouaghi. «Comment cette rencontre d’Oum El Bouaghi a-t-elle pu échapper au contrôle de ces services (de sécurité NDLR), surtout que l’orientation de cette conférence est en contradiction avec le référent national. Il y a un vrai problème», a-t-il déclaré en définitif.

Elyas Nour

Religion/Comment l’Arabie Saoudite a fait pression sur l’Algérie pour attribuer une mosquée à Ferkous
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