Etudiante à la Sorbonne lors du 17 octobre 1961, Catherine Levy tombe par hasard sur la manifestation à l’Opéra, elle découvre la répression dans la rue puis observe les violences dans le métro en rentrant chez elle Pont de Neuilly.

« Je faisais des études de philosophie à la Sorbonne et m’intéressait beaucoup à la lutte d’indépendance des algériens ». Comme des milliers de Sorbonnards, Catherine était présente aux manifestations de l’UNEF et militait contre la guerre d’Algérie, « nous manifestions pour des négociations avec les algériens », explique t-elle.

Arrivée au métro Opéra, elle aperçoit une répression épouvantable; des corps d’algériens allongés, sanguinolents. Autour d’elle, l’incompréhension générale, personne ne se parlait et n’était en mesure d’expliquer ce qui s’était passé.

A la station Pont de Neuilly, même spectacle, elle aperçoit des algériens assis par terre ayant subi des ratonnades.

Pour elle, la France fait partie des Nations qui ne reconnaissent jamais leurs tords, par principe. Lorsque une véritable conscience de l’ampleur de ce massacre s’est installée, les français étaient terrorisés. Les évènements ont été catapultés avec l’indépendance de l’Algérie, « c’est resté éteint, sous les cendres », conclut-elle.

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