L’élimination de l’équipe de France dès le premier tour de la Coupe du monde et les circonstances jamais vues de l’échec des Bleus sont commentés avec ironie et colère mercredi par la presse française.
L’Equipe, dont les révélations sur les insultes de Nicolas Anelka au sélectionneur Raymond Domenech ont fait éclater la crise, annonce « la fin d’un monde ».
« Prendre les gens pour des imbéciles peut être un jeu amusant, mais qu’il faut savoir cesser. La provocation est un art subtil et sans doute une forme d’intelligence, sauf lorsqu’elle tachetée de morgue et d’arrogance », écrit le quotidien sportif.
Libération joue l’ironie. « Et encore bravo ! », lance le quotidien sur une photo prise à la fin de l’ultime match des Bleus dans le Mondial sud-africain. On y voit Thierry Henry, Franck Ribéry et Sidney Govou regagnant les vestiaires.

« Battus 2-1 par les Sud-Africains, les Bleus sont éliminés du Mondial. La tragi-comédie est enfin finie », résume à sa Une le quotidien qui poursuit en pages intérieures dans la même veine, détournant le slogan de la Coupe du monde victorieuse de 1998. « Et 1… et 2… et 23 zéros. » Vingt-trois comme les 23 joueurs sélectionnés.
« Tchao pantins ! », lance Le Progrès qui, au-delà du « flop de fin » de la défaite face à l’Afrique du Sud, juge que les Bleus sont allés jusqu' »au bout de la honte et du ridicule » à l’image de Raymond Domenech refusant de serrer la main du sélectionneur des Bafana Bafana à la fin du match.
« Après le désastre, tout est à reconstruire chez les Bleus », constate Le Figaro qui affiche à sa Une un Raymond Domenech tête enfouie dans les mains, le regard plongé vers le sol.
« Pour l’équipe de France de Raymond Domenech, le Mondial sud-africain s’est achevé hier sur un bilan lamentable. Un seul point récolté, un seul but inscrit en trois rencontres et une crise sans précédent. Le chantier est immense. »
Une photo similaire a été choisie par le Midi libre, qui estime que la défaite de Bloemfontein a asséné la « claque de fin ».

« LES RÉVOLUTIONNAIRES DU DIMANCHE »

« C’est fini et c’est tant mieux », titre La Provence. « Calamiteux sur le terrain comme en dehors, les Bleus doivent passer à la reconstruction », ajoute le journal qui illustre sa Une par une photo de l’arrière latéral Bacary Sagna à genoux et que semble toiser un joueur sud-africain.

Dans une interview, le sociologue Laurent Mucchielli s’insurge contre « l’obsession raciale » de certains observateurs, citant l’essayiste Alain Finkielkraut qui évoquait dimanche les « clans » et les « divisions ethniques ».
« Dans leurs clubs européens, les Bleus sont de grands joueurs au professionnalisme reconnu. Tout d’un coup dans la déconfiture hexagonale, ils sont réduits à leur couleur de peau et à leur milieu social d’appartenance réel ou fantasmé », dit Mucchielli à La Provence.
France Soir attend pour sa part « le grand déballage » et reprend en première page les propos de Patrice Evra, capitaine déchu des Bleus: « Mon coach m’a interdit de parler… Mais la France saura bientôt la vérité. »
« Les révolutionnaires du dimanche n’ont pas réussi de coup d’Etat le mardi », écrit de son côté La Croix sur son site internet.
« Sur ce champ de ruines, poursuit le quotidien catholique, le futur sélectionneur, Laurent Blanc, va devoir reconstruire un groupe avec, comme premier objectif, les qualifications pour le championnat d’Europe des nations de 2012. Cela dès le 3 septembre, par la réception de la Biélorussie au Stade de France. »

Reuters