l’Argentine et l’Espagne font face à une crise diplomatique historique. Depuis quelques jours, les relations cordiales qui lient ces deux pays, qui partagent une langue commune, laisse la place à une situation de grande tension.

 L’annonce de la  présidente argentine, Cristina Kirchner faite le 16 avril au sujet de la décision d’expropriation partielle du  groupe YPF, appartenant à  l’Espagnol Repsol,  trouble le climat d’amitié qui existait entre les deux pays, selon la propre formule du chef de la diplomatie espagnole,  Manuel Garcia Margallo.

 Quant au ministre de l’Industrie, José Manuel Soria, il monte au créneau et déclare :

«C’est une décision hostile contre Repsol, donc contre une entreprise espagnole, donc contre l’Espagne».

Dès le vendredi 13 avril,  l’Espagne met en garde l’Argentine contre une « agression » qui violerait « le principe de sécurité juridique ». La Commission européenne avait le même jour appelé l’Etat argentin à protéger les investissements étrangers.

Causus belli

Malgré ces avertissement la présidente Cristina Kirchner maintient sa décision d’expropriation  du groupe pétrolier espagnol.

Ce géant qui contrôle 52% des capacités de raffinage en Argentine et qui dispose d’un réseau de 1.600 stations-service, voit la part de son patrimoine réduite à 49 %, après l’adoption par le gouvernement argentin d’un projet de loi en faveur de la saisie de 51 % de ce patrimoine.

Ceci ressemble à une nationalisation, mais la présidente argentine a nuancé en déclarant :

« nous n’allons pas procéder à une nationalisation, nous allons faire une récupération » . et d’ajouter que « la compagnie continuera à fonctionner comme une société anonyme, avec des directeurs professionnels« .

 l’équipe de management de Repsol sera remplacée par de nouveaux directeurs et responsables argentins à la tête de YPF.

Réactions et enjeux

 Respol, rejette cette loi et qualifie cette décision d’illégale.  « Ces actes ne resteront pas impunis », a affirmé le porte parole du groupe Antonio Brufau lors d’une conférence de presse, Respol demandera « une compensation à travers l’arbitrage international ». Le montant de la compensation est estimé à  10,5 milliards de dollars.

«Je ne suis pas une marchande de légumes, cette présidente ne répondra à aucune menace». Avait précisé la présidente Kirchner en parlant d’elle même à la troisième personne.

« L’Argentine est le seul pays qui ne maîtrise pas ses ressources en hydrocarbures», avait-elle déclaré pendant le discours prononcé lors de l’annonce de cette décision.

José Manuel García Margallo a assuré que l’Espagne voulait « appeler au dialogue » et « comprenait l’importance de la question énergétique pour le gouvernement argentin » .

Mais parallèlement, la situation socio-économique espagnole n’est pas des plus sereines, avec une dette publique qui atteint 68,5% du produit intérieur brut et un taux de chomage qui dépasse les 22 %, cette annonce pourrait être catastrophique pour Repsol, dont l’activité argentine apporte un tiers de ses bénéfices bruts et représente la moitié de sa production.

De plus, les moyens de pressions espagnoles sont assez restreint, puisque l’état argentin a très peu d’investissement en Espagne.

Nesrine Briki