Aujourd’hui, une chose est sûre : la France ne tolère plus le déclin de sa position en Algérie. Un plan d’action semble avoir été minutieusement préparé pour contrecarrer l’influence chinoise qui progresse puisque la Chine est devenue, depuis le début de 2012, le premier fournisseur de l’Algérie.

L’Empire du Milieu a occupé à deux reprises la première place sur le podium des fournisseurs de l’Algérie devant la France. Cette situation a irrité la diplomatie française et les grands patrons français qui lancent à présent leur riposte. Il n’est plus question dorénavant de laisser la Chine rester pour longtemps le premier fournisseur de l’Algérie. Les statistiques révélées durant le mois de juillet dernier ont fait froid dans le dos en Hexagone. Et pour cause, la Chine a dépassé la France pour la deuxième fois consécutive depuis 2012, en occupant la première place avec 509 millions de dollars, suivie par la France (442 millions de dollars) et l’Italie (395 millions de dollars).

Cette soudaine domination chinoise en Algérie ne s’explique pas, selon plusieurs observateurs avertis, uniquement par la forte compétitivité des entreprises chinoises et leur main-d’oeuvre à moindre coût. Elle est due également aux pratiques de corruption auxquelles s’adonnent les opérateurs chinois pour remporter des marchés. Preuve en est, à titre d’exemple, la société chinoise CSCEC en charge de la construction de la Grande Mosquée d’Alger a été black-listée par la Banque mondiale pour corruption depuis  janvier 2009 !

Pour que cette domination chinoise ne perdure pas encore longtemps, une trentaine de patrons français, ont décidé d’accompagner François Hollande lors de sa visite en Algérie, entamée mercredi 19 et jeudi 20 décembre.  Selon plusieurs sources médiatiques françaises, le chef de l’Etat français arrive avec une importante délégation patronale, comptant plusieurs PDG de grands groupes. Et l’absence de Carlos Ghosn, le patron de Renault, n’a pas mis en péril les intérêts français puisque le constructeur français d’automobile va signer, lors de cette visite, un accord avec l’Etat algérien pour construire une usine, près d’Oran, qui produira 75.000 véhicules par an et créera 6000 emplois en Algérie.

Renault, Alstom, Lafarge et les autres…

Et si les affaires de Renault marchent en Algérie, d’autres grandes entreprises françaises pourraient remporter d’importants contrats à la suite de la visite de François Hollande. Ce dernier sera, d’ailleurs, accompagné par Stéphane Richard (France Télécom), peu présent en Algérie mais très intéressé par ce marché en pleine croissance, relève à ce sujet le magazine économique Challenges. Patrick Kron, PDG d’Alstom est du voyage aussi pour renforcer la position de son entreprise qui vient, rappelons-le, de terminer le premier tramway d’Algérie, dans la capitale, et qui construit ceux d’Oran et de Constantine. Ainsi, pour Alstom, le marché algérien constitue une véritable aubaine d’autant plus que pas moins de 14 projets de tramway sont actuellement en cours d’étude dans notre pays. Certains seront mêmes lancés prochainement au grand bonheur d’Alstom qui s’est déjà positionné comme le grand favori dans la course à l’obtention de ces futurs contrats juteux grâce à son usine d’assemblage implantée à Annaba.

Soulignons encore que Pierre Mongin, le PDG de la RATP qui exploite la nouvelle ligne de métro de la capitale, sera dans la délégation de François Hollande ainsi que Jean-Louis Chaussade, le patron de Suez Environnement qui est en charge de la modernisation des services d’eaux et d’assainissement d’Alger. Il est à rappeler que le contrat de Suez Environnement a été renouvelé l’année dernière pour cinq ans. Le magazine Challenges nous apprend, par ailleurs, que Bruno Lafont, le PDG de Lafarge, viendra également négocier avec les autorités algériennes pour renforcer la position de son entreprise, leader mondial dans l’industrie du ciment, qui détient un tiers du marché algérien après avoir augmenté sa production de ciment de 60% en cinq ans. Selon la même source, Lafarge prévoit de créer un laboratoire de R&D et une nouvelle usine, à Biskra dans le sud-est du pays. C’est dire enfin que les entreprises françaises se sont réveillées de leur torpeur et ne comptent plus se laisser faire face à leurs concurrentes chinoises et turques. De leur côté, les Algériens ne peuvent que s’en frotter les mains puisque toutes ces grandes entreprises créeront dans le sillage de leur implantation en Algérie des postes d’emploi dont l’Algérie a grandement besoin pour remédier au chômage massif qui frappe de plein fouet la jeunesse…

 

 

 

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