Un diplomate algérien s’est donné la mort après avoir été déchû de ses fonctions. Son tort : il aurait refusé de favoriser la fille d’un ex-ministre. C’est du moins les informations récurrentes qui sont diffusées discrètement dans les couloirs du ministère des Affaires Étrangères (MAE) algérien.

Plusieurs sources concordantes confirme plus au moins cette version des faits. Le MAE, quant à lui, ne pipe mot et laisse planer le mystère sur cette affaire. Jusqu’à maintenant, ce département ministériel ne reconnaît même qu’il s’agit d’un terrible suicide. Il a parlé uniquement de « décès » dont le circonstances ne sont pas encore « élucidées ». L’enquête entamée par l’inspecteur général du ministère n’a toujours pas donné la moindre explication.

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Ainsi, le suicide du régisseur du Consulat général d’Algérie à Lyon, Mohamed Amokrane Benmokhtar, âgé de 58 ans, qui a été retrouvé, mercredi 21 mai dernier, pendu dans un garage de l’enceinte diplomatique algérienne, demeure une énigme. Sous d’autres cieux, une telle affaire aurait certainement soulevé un émoi général et des réactions en chaîne, notamment de la part des autorités concernées. Mais en Algérie, c’est le silence radio. Cinq jours après ce drame, aucune déclaration officielle n’a été formulée à ce sujet.

Si la mort de ce diplomate algérien n’a pas été révélée par les médias nationaux, les Algériens n’auraient jamais eu vent de cette triste tragédie. L’omerta imposée par les autorités algériennes sur cette affaire est sûrement liée aux circonstances de la mort de Benmokhtar. En effet, en poste sur place depuis deux ans seulement, celui-ci se plaignait constamment auprès de ses collègues de la pression qu’il subissait, ont rapporté ses proches cités dans quelques titres de la presse nationale comme Echorouk. Pourquoi sa hiérarchie s’acharnait-elle contre lui ? La question se pose toujours, et pour l’heure, une seule réponse est fournie par le cercle proche du ministère des Affaires Étrangères : le défunt diplomate avait refusé de recruter une jeune femme qu’on a voulu parachuter au consulat d’Algérie à Lyon, sous prétexte qu’il s’agissait de la fille d’un ex-ministre, qui a quitté le gouvernement lors du dernier remaniement. Des médias comme le site Algérie1.com, réputé pour être généralement bien informée,  n’ont pas hésité à divulguer ces informations délicates.

Délicates car, indique-t-on, c’est à cause de ce refus, que le régisseur du Consulat général d’Algérie à Lyon a  été rappelé en Algérie et remplacé par un diplomate, réputé pour être docile, lequel acceptera certainement d’embaucher la fille de l’ex-ministre. Le silence du MAE face à ces informations jette un véritable trouble et renforce le soupçon.  Quoiqu’il en soit, ce drame n’a pas encore fini de faire couler de l’encre.

Avec Elyas Nour