Indignés, révoltés, déçus…Ce sont, entre autres, les termes utilisés par les citoyens du sud du pays, qui manifestent depuis le début du mois en cours contre l’exploitation du gaz de schiste, contactés ce jeudi 22 janvier 2014 pour avoir leur réaction aux déclarations du Premier ministre lors de son intervention télévisée de la veille.

« En s’entêtant à maintenir son programme d’exploitation du gaz de schiste, faisant ainsi fi de l’opposition citoyenne à ce projet de la honte, le pouvoir affiche encore une fois son mépris  à l’égard non seulement des populations du sud mais de tous les Algériens », s’indigne un citoyen d’In-Salah. L’indignation est telle que les citoyens d’In Salah ont improvisé la nuit dernière, juste après les déclarations de Abdelmalek Sellal, une marche dans les artères principales de la ville.

La tension a monté d’un cran et des manifestations de rue, marches et sit-in, sont organisées ce jeudi 22 janvier 2015, dans différentes localités du sud du pays, a-t-on appris de sources locales. C’est le cas notamment à In Salah, berceau et symbole de la mobilisation anti-gaz de schiste, Tamanrasset, Adrar, Ouargla, Aoulef et In-Gher, entre autres.

L’accusant de vouloir mettre le feu aux poudres, les manifestants d’In Salah s’en sont pris violemment au Premier ministre. « Sellal, tu es méprisable, respecte-toi ou dégage », scandaient d’une seule voix les manifestants tout au long de leur marche de ce jeudi matin.

Sellal est tellement impopulaire et indésirable, particulièrement à In Salah, que les représentants du mouvement citoyen contre le gaz de schiste s’en remettent au directeur général de la sûreté nationale (DGSN), le général-major Abdelghani Hamel, qui a incarné dimanche dernier le rôle d’émissaire de Boureflika. « Pour nous, Sellal ne représente que sa propre personne. Ses déclarations sont nulles et non avenues. Ce n’est pas lui que le Président de la République a choisi pour le représenter auprès de nous. Bouteflika a placé sa confiance en la personne de Hamel. Nous considérons donc que c’est le DGSN qui est mieux placé pour rendre publique la décision du Président de la République à ce sujet », estime un représentant des manifestants, sous couvert de l’anonymat. Notre interlocuteur affirme « avoir adressé une requête, par fax, au DGSN, dans laquelle nous lui demandons de nous informer de la décision prise par Bouteflika à ce sujet, conformément à ce que nous avions convenu lors de notre rencontre dimanche dernier à In Salah ». « Si le Président de la République est, lui aussi, pour la poursuite des forages des puits de gaz de schiste, qu’on nous la fasse savoir, à travers son émissaire et de manière solennelle, afin que chacun prennent ses responsabilité devant l’histoire », lancent nos sources.

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