Au moment où le discours des autorités se veut rassurant à propos de la situation économique, la réalité est beaucoup plus amère. Un petit tour dans les marchés de la capitale permet de dresser un topo fidèle de la fièvre inflationniste qui s’est emparée des cours des fruits et légumes.

Ainsi, les prix des légumes –qui ne sont pas de saison, il est vrai- ont atteint des proportions inimaginables. La courgette sort du lot avec 250 DA le kilo, tandis que les navets sont écoulés entre 180 et 200 DA. Les carottes, d’habitude accessibles, prennent de l’altitude à 100 DA le kilogramme. La tomate, légume de saison par excellence, affiche le même prix.

Il est inutile de préciser que les fruits de saison ont atteint des cimes. C’est le cas du raisin écoulé entre 100 DA et 250 DA le kilo, selon la variété. Les poires locales sont cédées à plus de 150 dinars, tandis que le melon flirte allègrement avec la barre des 100 DA. Seule la pastèque se stabilise autour de 20 DA le Kg.

Cette poussée de fièvre de la mercuriale est liée par certains à l’approche de la fête de l’Aïd el Adha. Mais il n’y a pas que cela. La chute continue de la valeur du dinar face au dollar a également accentué la situation. Le gouverneur de la Banque d’Algérie a d’ailleurs reconnu les faits lors de sa dernière sortie médiatique. Mais, comme à ses habitudes, le responsable renvoie cette situation à la montée en puissance de la monnaie américaine.

Pourtant, les chiffres de l’ONS indiquent que le taux d’inflation pour le mois de juillet était de 5%. Autrement dit : loin de la réalité du terrain. A moins que la situation ne soit conjoncturelle.

Essaïd Wakli

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