La langue amazighe doit exister au même titre que l’arabe. Le peuple doit l’accepter et l’Etat doit l’instituer. Elle doit obligatoirement faire partie du paysage culturel algérien car les Amazighs ont lutté pour que l’Algérie soit libre et indépendante. Il n’y a pas d’Algérie sans amazighité ni d’amazighité sans l’Algérie. Voici la belle déclaration du chanteur kabyle Idir et son vœu, formulé «sans animosité», de voir un jour la langue amazighe intégrée officiellement dans la société.

Appelant à la reconnaissance de la langue amazighe, Idir a déclaré, dans une interview accordée au quotidien d’information francophone El Watan, hier mardi, que le peuple amazigh demande et réclame «des choses» depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, sans jamais voir ses vœux exaucer. «Je parle sans animosité mais avec mon cœur, ma retenue. Des gens pratiquant cette langue ont lutté pour la liberté de ce pays. Cette langue a droit de cité. Il n’y a aucune raison de ne pas l’intégrer dans le paysage culturel général algérien ».

Accusant le système de ne pas vouloir, à dessein, accorder à cette langue la place qu’elle mérite, Idir affirme que «c’est une lutte qu’il faut mener à bras-le-corps. J’estime que je suis libre. Je n’ai pas à faire de concession. Il n’y a pas d’Algérie sans amazighité ni d’amazighité sans Algérie. Parce que tout simplement, ce serait aller à l’encontre de ma personnalité », a ajouté le chanteur.
Appelant à un dialogue sans violence, Idir assure que c’est le seul moyen pour permettre aux gens d’écouter attentivement et de comprendre. «Après, c’est entre le pouvoir et toi. Si une frange du pouvoir n’a pas envie de voir ta culture pleinement épanouie et explicitement représentée, ce n’est pas la peine de chercher à comprendre. Parce que l’idéologie prend le pas…», a-t-il souligné.

Idir transmet par ces déclarations un message de paix et interpelle sur la complémentarité de l’Algérie et de la Kabylie. Un message qui devrait faire réfléchir nos décideurs sur la nécessité de reconnaître définitivement la langue amazighe et lui accorder la place qui lui revient de droit.

Nourhane S.