L’image a choqué de nombreux internautes algériens. Une arme et de deux insignes de la gendarmerie nationale accompagnent une feuille de papier où on peut lire « Oh bent (Fille) Ghabrit, l’institutrice a un peuple qui se solidarise avec elle ». Le document signé « Eddark el watani » (gendarmerie nationale) fait allusion à Sabah Boudris, la jeune enseignante arabophone qui a défrayé la chronique avec sa vidéo tournée dans sa classe où elle apprend aux enfants que « la langue arabe » est la seule langue du « Paradis » ».

Une arme, des propos violents et une signature, la menace est à peine voilée. Depuis la diffusion de cette image sur les réseaux sociaux, la polémique n’a pas cessé d’enfler. D’autres images ont circulé dans les heures qui sont suivi cette publication. Certains tentent de faire croire qu’ils sont des douaniers, d’autres des policiers. Et le procédé est toujours le même : exhiber des armes et s’exprimer sur un ton menaçant.

Mais s’agit-il réellement d’une campagne d’intimidation dirigée à l’encontre de Nouria Bengharbit, la ministre tant détestée et méprisée par les tenants du courant islamo-conservateur ? Ou ces images relèvent-elles uniquement d’une grossière manipulation ? Algérie-Focus a tenté toute la journée de jeudi de joindre le commandement général de la Gendarmerie nationale pour obtenir des explications et réactions. Nos sollicitations n’ont eu aucune suite. Le silence de cette institution aggrave, malheureusement, cette polémique qui installe un véritable climat de peur.