Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, aurait sévèrement été recadré par la Direction de la sécurité intérieure (DSI), service de l’ex-DRS. Le discours jugé «provocateur» du chef de l’exécutif est perçu par ce département, comme étant un danger pour la paix civile.     

La stratégie de communication adoptée par Ahmed Ouyahia est donc perçue comme provocatrice estime un rapport transmis par la DSI aux services du Premier ministre, révélé par le Quotidien d’Oran. Il lui est reproché d’avoir franchi des lignes rouges, notamment lors des discours prononcés devant les députés et les sénateurs.

Ce département chargé de la sécurité intérieure dispose de nombreuses connexions directes avec la population. Sa capacité à établir des rapports sur le développement de la grogne sociale fait donc partie de ses prérogatives et il semblerait que le Premier ministre a franchi des lignes infranchissables, suscitant la réaction d’un des corps les plus réactifs de l’appareil sécuritaire algérien.

Ce qui est directement reproché à M. Ouyahia, c’est de saper le moral des Algériens en déclarant que l’État est au bord de la banqueroute avec tout ce que cela implique. Impossibilité de payer les salaires des fonctionnaires, hausses des prix des produits de consommation, inflation.… (etc,) ont été les maîtres-mots dans tous les discours prononcés par le chef de l’exécutif. Le style Ouyahia revêt donc un «caractère provocateur et par conséquent un danger sur la société», souligne le même rapport.

Selon la DSI, «Ouyahia a fait plus que ce qui lui a été demandé». Le rapport a, à en croire le quotidien de la métropole de l’Ouest, suscité la réaction de la présidence de la République qui a «immédiatement et fermement, rappelé à l’ordre le Premier ministre».

Les cercles proches du Premier ministre ont, pour leur part, tenté de discréditer ces informations, en utilisant l’un de leurs canaux d’information non officiels. Selon eux, l’auteur de l’article nourrissait une rancune à l’encontre de M. Ouyahia qui avait renvoyé, en 1996, l’une de ses proches accusée, à l’époque, d’avoir fuité des informations de l’intérieur même du palais du gouvernement où elle travaillait. .

Au-delà du contenu du rapport et des différentes réactions faisant suite à sa révélation, il est légitime de s’interroger sur les raisons qui ont amené un tel document a atterrir entre les mains de la presse, d’autant plus que l’organe sécuritaire en question est l’un des plus sensibles et des plus performants qui soient. Il est même considéré comme la colonne vertébrale des services de renseignements algériens. Affaire à suivre.

M. M.