Plusieurs hauts gradés de la police de la wilaya de Mostaganem, suspendus ou mis en détention provisoire en 2015, à la suite des manifestations des policiers survenues un an auparavant, ont réclamés, dans une lettre adressée au Chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, leurs réhabilitations. Selon le quotidien arabophone El Khabar, il s’agit du haut officier, B. R., ancien responsable des unités républicaines, qui a passé sept mois de prison, ainsi que de quatre retraités de la police et deux autres officiers qui étaient en exercice au moment des faits. Ces «mis en cause» ont été accusés de «déstabiliser le corps de la police et de son premier chef (de l’époque NDLR)», le général-major, Abdelghani Hamel. Dans sa lettre, B. R. affirme que contrairement à ce qui a été affirmé dans les conclusions de l’enquête, il n’avait jamais tenté de «déstabiliser» l’institution auquelle il appartient, et que, mieux encore, il avait avertit ses responsables, plusieurs mois avant ces manifestations, du climat qui y régnait au sein des unités qu’il dirigeait. Il est clair que c’est le départ de Hamel, le mois dernier, et son remplacement  par le colonel Lahbiri, qui a poussé ces officiers à réagir en ce moment précis dans l’espoir de se voir réhabiliter. Il faut rappeler qu’au mois d’octobre de l’année 2014, des centaines de policiers sont sortis dans la rue, à Ghardaia dans un premier temps, et à Oran, Constantine et Alger par la suite, pour exprimer des revendications socioprofessionnelles. Leurs requêtes ont aussitôt été prises en charge par leur hiérarchie. Mais plusieurs hauts gradés ont été sanctionnés par la suite.

Elyas Nour

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