Chronique – Algériens, Algériennes, retroussez vos manches !

C’est arrivé sans crier gare. Le mythe de l’Algérie riche, aux tirelires pleines à craquer, aux portefeuilles volumineux, aux caisses débordantes d’argent, vient de s’effondrer. D’un coup, brusquement, brutalement, une gifle terrible nous réveille de notre rêverie solitaire. Notre pays, l’Algérie, fait sa connaissance avec le déficit. Et ses milliards de dollars fondent comme neige au soleil. 

L’Algérie riche qui vit au dessus de ses moyens sans rien produire, sans travailler et sans fournir des efforts, c’est désormais du passé. Notre excédent commercial s’est réduit comme une peau de chagrin. Les récentes chiffres du Centre national de l’informatique et des statistiques des Douanes (CNIS) sont à ce sujet tout bonnement effrayants. En effet, ces chiffres nous apprennent que la balance commerciale de l’Algérie, durant les huit mois de 2013 s’est établie à 8,76 mds usd contre 16,39 mds usd à la même période de l’année écoulée, reculant ainsi de 46,5% ! Un constat angoissant surtout lorsqu’on apprend que le recul des exportations est dû essentiellement à une baisse de près de 7,1% des exportations des hydrocarbures, de 31,8% des produits bruts et de 18,18% des biens d’équipements industriels, explique encore le CNIS.

Et comme les hydrocarbures ont représenté l’essentiel des ventes algériennes à l’étranger avec une part de 96,70% du volume global des exportations, l’Algérie se retrouve à chaque fois dans l’œil du cyclone. Et cette fois-ci, le cyclone est plus que jamais menaçant. A ce rythme, l’Algérie devra puiser dans ses réserves tant chéries pour payer la facture de ses importations. Une facture qui englobe tout et n’importe quoi car l’Algérie qui consomme tout et fait l’extraordinaire effort de ne rien produire. Même la mayonnaise, l’Algérie a été contrainte de l’importer. La main d’oeuvre aussi. Pour entretenir un simple ascenseur, l’Algérie déverse ses devises pour recourir à l’expertise étrangère. Les matières premières, n’en parlons plus. Les équipements industriels, c’est encore pire. Le blé, la nourriture, la facture alimentaire de l’Algérie explose. Le plus incroyable est certainement le cas des produits pétroliers que l’Algérie importe en grande quantité également alors qu’elle est, elle-même, un producteur de pétrole.

Le diagnostic révèle ainsi une gangrène profonde communément appelée mauvaise gouvernance. Ses symptômes sont la fainéantise, la corruption des moeurs, la paresse collective, la complotite qui rongent les rapports sociaux. Le traitement, quant à lui, se résume en un seul mot d’ordre : retrousser les manches. Oui, les Algériens, et Algériennes, doivent apprendre désormais à retrousser leurs manches et oublier leur insouciance légendaire. Leur indifférence insupportable face au travail est à jeter aux oubliettes. Leur esprit rentier qui a transformé le pays en cafétéria géante où tout le monde consomme sans rien payer est appelé, à présent, à disparaître. Retroussons tous et toutes nos manches parce que l’avenir de notre pays est sérieusement compromis par cette nonchalance collective, un comportement inédit dans l’histoire des nations. Retroussons nos manches parce que l’Algérie est une mère qui mérite mieux qu’un gâchis monumental en guise de bouquet de fleurs. L’Algérie, cette mère blessée par l’ingratitude, mérite aussi que ses enfants la rende fière et prospère. Le changement aurait dû commencer hier. Mais il n’est pas encore trop tard pour tout rattraper. Faute de quoi, nous le regretterons pour toujours.

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