Le prix Nobel de la paix 2013 a été attribué vendredi 11 octobre à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

Favorite de dernière minute, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a obtenu ce vendredi le prix Nobel de la paix 2013 « pour son travail considérable en vue d’éliminer les armes chimiques », a déclaré le président du comité Nobel, Thorbjoern Jagland.

Une récompense en phase avec l’actualité immédiate puisque l’OIAC a été chargée par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU de superviser le démantèlement de l’arsenal chimique du régime syrien et les installations liées à cet arsenal d’ici le 30 juin 2014.

Des armes de ce type ont été utilisées le 21 août dans la banlieue de Damas faisant plus de 1400 morts. Les milices rebelles et l’Occident ont accusé le clan de Bachar al-Assad d’avoir eu recours à son arsenal chimique contre sa propre population, ce que le régime dément formellement.

Fondée en 1997, l’OIAC travaille depuis des années à l’anéantissement des armes chimiques, loin des projecteurs. Depuis sa création, l’organisation a déjà détruit plus de 57 000 tonnes d’armements chimiques, en Irak, Libye, Russie et aux Etats-Unis. Le travail de l’OIAC « a été le sujet d’années et d’années de patiente diplomatie », avait déclaré son porte-parole Michael Luhan à l’AFP. « Notre persistance, sans fanfare : c’est un travail de destruction lent qui, espérons nous, sera plus apprécié avec le temps », avait-il ajouté.

Le directeur général de l’OIAC, Ahmet Uzumcu, espère que ce prix Nobel de la paix aide à convaincre les Etats jusque-là récalcitrants à se défaire de ces armes. « Je sais que le prix Nobel de la paix nous aidera dans les mois qui viennent à promouvoir l’universalité de la Convention » de 1993 sur l’interdiction des armes chimiques qu’une poignée d’Etats n’a toujours pas signée – Corée du Nord, l’Angola, l’Egypte, le Sud-Soudan – ou ratifiée – Israël et la Birmanie –, a-t-il commenté à la télévision norvégienne NKR.

Inspecteur pour l’OIAC, un métier à haut risque

Hommes et femmes, les inspecteurs de l’OIAC ont la dure tâche de manipuler dans leur quotidien des produits hautement dangereux. Le simple contact du gaz sarin avec la peau peut entraîner une mort par arrêt cardio-respiratoire. C’est pourquoi ils portent une combinaison de protection. Pour la première fois, en Syrie, où la guerre civile entre pro et anti-Bachar al-Assad bat son plein, les inspecteurs de l’OIAC sont équipés de gilets pare-balles et de casques en plus de leur habituelles combinaison.