La Chine veut changer, mais en douceur. Le pays le plus peuplé de la planète veut faire sa propre révolution en procédant par un « changement pacifique ».

L’ambassadeur de Chine  Alger, Liu Yuhe, a détaillé, lors d’une rencontre organisée ce matin avec des journalistes algériens au sein de son ambassade  à Alger, les grandes lignes du changement que compte organiser le gouvernement de son pays. « Après avoir effectué des transformations en misant sur l’enrichissement d’une petite minorité de Chinois au cours de ces dernières années dans le but d’accompagner le développement économique, le gouvernement chinois veut désormais adopter une politique de développement équitable qui vise à donner la possibilité au grand nombre de Chinois d’améliorer leurs conditions de vie », a assuré le diplomate.

La Chine, Mastodonte économique, démographique et technologique – le pays vient d’envoyer la troisième mission humaine sur la Lune – veut passer à une étape de « progrès social ». Pour cela, les résolutions du dernier Congrès du Parti communiste chinois a décidé de « donner plus de prérogatives aux gouvernements provinciaux ». Cette autonomie sera financière et même politique, précise Liu Yuhe. Ce dernier indique que cette manière de faire vise « à libérer les énergies » en vue d’un progrès intégré.

Les autorités chinoises visent ainsi à créer, d’ici 2020, un pays à « progrès moyen » avant d’arriver, en 2050, à l’excellence. Autrement dit, atteindre au moins le niveau de vie des pays Occidentaux.

L’autre décision importante concerne la levée de l’interdiction d’avoir plus d’un enfant. « Les couples chinois peuvent désormais avoir deux enfants », a annoncé le diplomate. Cette décision est justifiée par le « vieillissement de la population ». Le nombre de citoyens chinois qui dépassent 60 ans est de 200 millions d’habitants, ce qui représente 13% de la population globale du pays estimée à 1,3 milliards de personnes.

Pour ne pas donner l’impression de courir derrière une nouvelle forme d’impérialisme, la Chine se déploie un peu partout dans le monde en créant une « coopération gagnant-gagnant» avec plusieurs pays dans le monde.

La coopération sino-algérienne s’inscrit, selon l’ambassadeur, dans cette otique de gagnant-gagnant. Luhe est même content d’annoncer que son pays a réalisé un chiffre d’affaires de 9 milliards de dollars d’échanges avec l’Algérie. Ce qui place l’empire du Milieu comme premier partenaire de notre pays, déclassant pour la première fois la France.

Au sujet de la qualité des produits chinois, l’ambassadeur ne nie pas le problème. Mais, « il revient aux importateurs de votre pays de faire attention à ce qu’ils achètent et aux autorités de contrôle de bien surveiller les produits importés », a-t-il relevé.

Interrogé sur le respect des Drois de l’Home, l’ambassadeur a répliqué que « les droits de l’Homme, c’est aussi le droit de bien manger, bien s’habiller et bien se soigner ». Pis, a-t-il dit, « pour ceux qui nous donnent la leçon, on voit bien ce que produit l’ingérence   dans les affaires de certains pays ». Une allusion claire au « printemps arabe ».

Essaïd Wakli