Décryptage/Les dessous du plan machiavélique de Daech au Maghreb

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Les attaques menées lundi dernier par un groupe terroriste dans la région tunisienne de Ben Guerdane auront de terribles conséquences dans les jours à venir et les arguments justifiant une intervention militaire se renforcent de jour en jour. La solution diplomatique avance en boitant. Pendant ce temps-là, les États-Unis préparent leur prochaine intervention.  

Les soldats du sanguinaire Daech sont passés à l’action lundi dernier. Leur cible est une ville frontalière tunisienne : Ben Guerdane. Le but: la mise en place d’un poste avancé à l’ouest de la Libye pour passer à l’acte II du plan machiavélique de cette organisation terroriste qui est d’étendre la zone de conflit de l’Irak jusqu’au Maroc afin de bousculer tous ces états ouvrant ainsi la voie à la mise en place d’une constellation de petits émirats terroristes.

En effet, Ben Guerdane est une ville de quelque 60.000 habitants située à proximité de la frontière libyenne et à quelques encablures de nos frontières. « Elle n’a pas de dimension religieuse particulière », estime à ce sujet Beligh Nabli directeur de recherche à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) concluant que « c’est sa position stratégique qui en a fait la cible des terroristes, car elle est à la jonction de la Tunisie et de la Libye et qu’elle n’est pas non plus très éloignée de l’Algérie ».

Que reste-t-il à faire ?

Daech semble profiter de la lenteur des démarches diplomatiques pour amorcer un nouvel élan d’expansion dans la région. L’option diplomatique soutenue par tous les pays du Maghreb en plus de l’Égypte reste incontournable dans l’optique d’un règlement de longue durée. Les parties en conflit en Libye ne se font pas confiance et s’entre-déchirent pour la mainmise sur le pouvoir. Cette situation profite à Daech qui a une vision plus large et une véritable stratégie : plonger dans l’inconnu le Moyen-Orient et le Maghreb, radicaliser leurs populations et prendre le contrôle d’un vaste territoire.

Les médias maghrébins ont réitéré à l’unisson leur appel pour une coordination sécuritaire afin qu’un terme soit mis à cette expansion effrayante de Daech. Les armées des Etats du Maghreb doivent coopérer sur le plan du renseignement et intervenir dans les plus brefs délais afin d’éviter ce qui s’est passé en Irak et en Syrie. Malheureusement, le querelles entre les États Maghrébins et leurs chamailleries livrent toute la région à l’instabilité. Une instabilité qui profite encore plus à Daech.

 Les États-Unis s’organisent  

« La création d’un émirat terroriste dans la région de Ben Guerdane », tel est le but de Daech et ce sont les propos qui sont sortis de la bouche du Président Tunisien. Ce constat confirme la thèse américaine et fournit  à l’Occident un autre argument solide pour une intervention militaire.

Le New York Times a affirmé mardi dernier que  le Pentagone aurait déjà identifié plusieurs dizaines de cibles potentielles pour des frappes en territoire libyen. Le porte-parole du ministère américain de la Défense, Peter Cook a confirmé mardi lors d’une conférence de presse que de nouveaux bombardements en Libye étaient bel et bien envisagés.

« Le ministre continue de travailler, avec l’équipe de sécurité nationale de la Maison Blanche, à l’évaluation de la menace représentée par l’État islamique en Libye, et partout ailleurs. La discussion est ouverte avec le chef d’état-major des armées, le général Dunford, sur les options que nous avons. Nous avons la volonté de frapper les terroristes de l’État islamique en Libye », affirmait-il.

Une intervention militaire étrangère ? Une aubaine pour Daech 

En effet, une intervention militaire de l’OTAN quelque soit sa forme serait une bénédiction pour les terroristes de Daech. Comment est-ce possible ? Daech mise sur l’apparition d’un fort sentiment anti-étranger dans le cas d’une intervention militaire. Cette thèse a largement été confirmée en Irak, en Syrie et en Libye. Les théâtres de conflits ont tendance à générer un effet contraire. Preuve en est,  l’intervention américaine en Irak en 2003 qui a eu pour résultat la naissance de Daech, la déstabilisation de la Syrie et la campagne militaire en Libye en 2011 ont eu les mêmes effets, à savoir la naissance de groupes terroristes ou le ralliement à d’autres groupes existant. Les populations vivent alors dans des théâtres de conflits et finissent par choisir de rejoindre ces groupes islamistes pour faire face à une invasion. C’est dans ce contexte très mouvementé que l’Algérie doit peser de tout son poids pour proposer une autre issue au cauchemar libyen.

Avec Massinissa M. 

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