Prévu depuis plusieurs années, le nouveau code du Travail ne voit toujours pas le jour. Il est toujours prisonnier des calculs politiques, le gouvernement ne semblant pas prêt à se mettre à dos les travailleurs.

Selon des indiscrétions, les autorités préparent, avec la bénédiction de l’Union générale des Travailleurs algériens (UGTA), une loi qui favoriserait, pour la première fois, les patrons. Pour preuve, le ministre du Travail, Mohamed El Ghazi, interrogé par l’APS sur la nouvelle loi qui régira les relations du travail, a révélé que celle-ci sera inspirée des conventions internationales: «Le futur code du travail qui est en phase de concertation avec les partenaires sociaux (UGTA et patronat), est moderne et répond aux besoins et aux exigences du nouvel ordre économique mondial».

Or, dans tous les pays où un nouveau code de travail est adopté, les travailleurs se soulèvent. Ils dénoncent notamment la notion de «flexibilité» qu’imposent les gouvernements dans les relations de travail. Par flexibilité, les législateurs font référence notamment à la possibilité donnée aux employeurs de licencier sans s’encombrer avec les contraintes des lois qui, jusque-là, protègent au maximum les salariés.

En Algérie, les autorités ont préparé, il y a deux ans, un avant-projet de nouveau code du Travail. La première mouture sortie des bureaux du ministère du Travail font peur : les contrats de travail à durée déterminée deviennent la règle et des droits fondamentaux, à l’image de celui de grève, sont tout simplement remis en cause. Les réserves exprimées à l’époque par des syndicats autonomes et des partis politiques ont poussé le gouvernement à surseoir à la promulgation de cette loi.

Depuis quelques temps, les autorités évoquent, avec insistance, la nécessité de «sauvegarder l’outil national de production». Une notion qui passe, surtout, par l’abandon des droits élémentaires des salariés.

Essaïd Wakli