En souvenir de leurs grand parents

Par Hamid Benamra

Pardon petit bébé lumière
Ta maison est en deuil
Ton lit n’a pas sommeil

Pardon petit bébé rieur
Les diaphragmes sont fermés
Rangés comme tes cuillères

Pardon petit bébé coriace
Tes copains de crèche
Observent une minute de silence

Pardon petit bébé amour
L’éclair a frappé ton rêve
A laissé sur ta langue
Un goût incandescent

Pardon petit bébé coureur
Pas le temps d’essayer toutes tes dents
D’essayer ton sourire
Sur le miroir de l’enfance

Pardon petit bébé charmeur
Tes photos ne font pas les unes
Les héros ne portent pas ton nom
Comptés dans une main
Multipliés chaque raid
Et quelques uns aujourd’hui
Ont soufflé leurs bougies
Consumées avant l’âge

Pardon petit bébé cobaye
De téter
Les balles d’un raid chirurgical
L’amicale du monde civilisé
Joue chaque jour au poker
Tes frontières barbelées

Pardon petit bébé arabe
L’élan de tes ailes
Déplumées
Juste avant l’envol

Pardon petit bébé hagard
Les MIG de nos armées
Sont exposés dans les hangars
Les chars de nos divisions
Rouillent dans les casernes
Les soldats de nos nations
Sont en plomb

Pardon petit bébé philistin
La bible qui porte ton nom
Saigne.
Les élus du Dieu actuel
Piétinent sur tes versets
et déversent leur venin du ciel

Pardon petit bébé tout seul
L’étoile de ton destin
Est dans un trou noir.
Les enfants de l’étoile jaune
Portent une mémoire courte
Les enfants de l’étoile jaune
Écourtent les bourgeons de tes plaines
Les enfants de l’étoile jaune
Font pâlir les visages
dans les cours de récré

Pardon petit bébé mort
Les enfants de l’étoile jaune
Dans leur joujous à hélice
Se jouent des lois de ce monde

Alors enfants de tout pays
Lâchez des mots
Mais pas des bombes.

Hamid Benamra
(textes déposé)