Les sociétés allemandes voudraient contribuer à la concrétisation du programme de développement des énergies renouvelables (ENR) en Algérie, notamment dans les applications liées au solaire, ont affirmé mardi à Alger des responsables allemands. « Etant donné que l’économie allemande est le leader mondial dans le domaine de l’énergie solaire, nous sommes convaincus que les sociétés (allemandes) sauront être un partenaire durable dans le cadre du transfert de technologie et de savoir faire », a indiqué le directeur générale de la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK), Alex Dhina, à l’ouverture d’une rencontre sur les opportunités de partenariat bilatéral dans le domaine des énergies renouvelables.
Evoquant les objectifs fixés par les pouvoirs publics en la matière, notamment celui de porter à 40% la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à l’horizon 2030, M. Dhina a souligné que cet ambitieux programme récemment annoncé par le ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, « encourage fortement » les firmes allemandes à promouvoir le potentiel du marché solaire.

A cet effet, a-t-il poursuivi, les opérateurs allemands « se proposent d’accompagner l’Algérie en vue de relever le défi d’adapter ses systèmes de

production d’énergie solaire aux standards internationaux, et d’exploiter son grand potentiel solaire ».

En fait, plusieurs sociétés allemandes sont déjà passées à l’action en soumissionnant pour la réalisation de plusieurs projets en Algérie relatifs

aux énergies renouvelables, comme celui pour la fabrication de panneaux solaires dans la zone industrielle de Rouiba (est d’Alger), qui a vu la participation de trois opérateurs, a expliqué M. Dhina dans des déclarations à la presse en marge de la rencontre. Il a ajouté que les firmes allemandes « sont dans l’attente de voir le contenu du programme de développement des énergies renouvelables (en Algérie) pour savoir comment elles vont contribuer à sa concrétisation ».

Le projet d’une usine de fabrication de modules photovoltaïques (panneaux solaires) de Rouiba, d’une capacité annuelle de 50 à 120 MW, devrait entrer en production en 2012. Les travaux de construction de cette unité, dont l’investissement est estimé à plus de 100 millions de dollars intégralement financé par le groupe Sonelgaz, seront entamés avant fin mars prochain. L’appel d’offre lié au projet a été lancé fin décembre 2010 et la société retenue pour sa réalisation sera connue en février, rappelle-t-on.

De son côté, Oliver Drücke, consultant au ministère allemand de l’Economie et de la Technologie, a mis l’accent dans sa communication sur l’évolution de la part des énergies alternatives, notamment le solaire et l’éolien, dans le bouquet énergétique, la consommation d’énergie (ménages, industrie et transports) et la production d’électricité en Allemagne et qui constituent d’importantes perspectives de partenariat avec l’Algérie en matière de développement de son potentiel solaire et de l’exportation de l’électricité produite par cette source.

Dans la même optique, M. Drücke a fait part de la volonté de la partie allemande d’accompagner les projets menés par l’Algérie dans ce domaine.

S’agissant de DESERTEC, il a répété en marge de la rencontre que les initiateur de ce méga-projet « souhaitent une participation active de la part de l’Algérie ». Sur ce point, il a souligné la disponibilité des firmes allemandes d’assurer pour la partie algérienne un transfert de technologie en matière d’engineering et d’exploitation ainsi qu’une intégration industrielle appréciable. A travers un investissement gigantesque avoisinant 500 milliards d’euros, le méga-projet DESERTEC vise à créer d’ici 40 ans un vaste réseau d’installations éoliennes et solaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Le programme national de développement des énergies renouvelables, annoncé début janvier par M. Yousfi, sera mis en oeuvre à partir du premier trimestre 2011 et permettra de créer quelque 200.000 emplois.Ce programme, qui devrait être prochainement approuvé par le Conseil des ministres, porte sur 65 projets qui permettront, dans un premier temps, de produire 2.600 MW d’électricité. Une capacité additionnelle de 2.000 MW pourrait être destinée à l’exportation. Par ailleurs, deux projets d’utilisation d’énergies renouvelables pour la production d’électricité ont été déjà initiés par l’Algérie. Il s’agit de la centrale hybride (gaz-solaire) de Hassi R’mel, d’une capacité de 150 MW qui sera livrée prochainement, et d’une ferme éolienne de 10 MW dans la wilaya d’Adrar. L’Algérie dispose d’un potentiel énergétique solaire infini dépassant les 5 milliards GWh/an, avec une moyenne annuelle d’ensoleillement variant de 2.550 heures dans le nord à 3.819 heures dans le Sahara avec une capacité de production respective de 1.700 et 2.650 Kwh/m2/an.

APS