Khaled Sid Mohand, le journaliste algérien de France Culture libéré mardi après une vingtaine de jours de détention en Syrie, est arrivé en France samedi matin. Arrêté le 9 avril à Damas, ce journaliste indépendant âgé de 40 ans, qui travaille pour la radio publique France Culture et le quotidien Le Monde, avait été remis mardi à l’ambassade d’Algérie.

A son arrivée à l’aéroport parisien de Roissy, Khaled Sid Mohand a été accueilli par ses parents et sa tante qui vivent en région parisienne ainsi que des amis.

Sourire aux lèvres, un peu amaigri et vêtu d’un costume sombre, il a tenu à remercier ses proches, son comité de soutien et les ambassades de France et d’Algérie qui « n’ont pas ménagé leurs efforts pour (le) faire libérer ». « Je n’ai pas été torturé mais un peu tabassé durant les deux premiers jours. Et après, je ne sais pas pourquoi, tout s’est arrêté, alors que mes codétenus, eux, ont été torturés », a-t-il raconté. Incarcéré dans une cellule de « deux mètres sur un », Khaled Sid Mohand raconte ne jamais avoir croisé ses codétenus. « Nous sortions à tour de rôle trois fois par jour pour aller aux toilettes. Je n’ai jamais vu leur visage », a-t-il expliqué soulignant avoir eu « très peur », en particulier quinze jours après son interpellation lorsqu’il a constaté qu’il n’était toujours pas relâché.

Quant au contexte de cette interpellation, il dit être tombé dans un piège: « Une jeune femme avec un fort accent, que j’avais du mal à comprendre, m’a téléphoné pour me dire qu’elle avait des informations à me donner. Je l’ai retrouvée une demi-heure plus tard et à ce moment-là j’ai été encerclé par huit responsables des forces de sécurité. » Khaled Sid Mohand a assuré ne pas connaître les raisons de cette interpellation. Il espère un jour pouvoir retravailler en Syrie. « C’est mon troisième pays », a-t-il souligné.

RAF