La veuve de Maurice Audin réclame à François Hollande une condamnation ferme “des exécutions sommaires commises” en Algérie

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Josette Audin, la veuve de Maurice Audin, a lancé  dimanche un appel au  président français, François Hollande. Dans les colonnes du Journal de Dimanche,  elle lui demande de condamner fermement “la torture et les exécutions sommaires commises par la France pendant la guerre d’Algérie.”

“Comme le président de la République Jacques Chirac l’a fait pour condamner la rafle du Vél’ d’Hiv, j’espère que vous ferez aussi, au nom de la France, non pas des excuses pour des actes qui ne sont pas excusables, mais au moins une condamnation ferme de la torture et des exécutions sommaires commises par la France pendant la guerre d’Algérie”, a-t-il écrit dans une lettre adressée à François Hollande à quelques semaines du voyage du Président Français en Algérie.

 “Il est temps, plus de 50 ans après la fin de la guerre d’Algérie, que la vérité soit connue et reconnue. Pour commencer, il faut que les historiens puissent avoir accès à toutes les archives de toutes les personnalités civiles et militaires françaises en charge du « maintien de l’ordre » en Algérie, et à tous les niveaux. J’espère, Monsieur le Président de la République, que vous aurez à cœur de faire ouvrir toutes ces archives pour que soit établie la vérité sur ce qui s’est passé, au nom de la France, en Algérie”, assure encore Josette Audin dans sa lettre. Pour rappel, Maurice Audin, partisan de l’Indépendance de l’Algérie, a été arrêté 11 juin 1957. Porté disparu, sa femme ne l’a jamais retrouvé y compris après la fin de la guerre d’Indépendance et le départ des forces militaires françaises.

En mars dernier, de nouveaux éléments révélés par une journaliste du Nouvel Observateur  ont relancé ce dossier. Un document inédit trouvé aux États-Unis, dans les archives du colonel Yves Godard, désigne “nommément un militaire comme probable assassin de Maurice Audin”. Mais cette révélation n’a pas fait bouger les autorités françaises qui, visiblement, ne désirent plus revenir sur ce crime impuni et passé sous silence.