Fin 1993, le Haut-Comité d’Etat terminait sa mission. Le dimanche 30 janvier 1994 à 10h 30, se réunit le Haut- Conseil de sécurité chargé par la «Conférence du Consensus» pour investir le nouveau chef de l’Etat. Ali Kafi en sa qualité de président du HCE ouvre la séance et tient à brosser un tableau général des activités du HCE.

 «Institué dans des conditions difficiles, dit-il, le Haut-Comité a fixé sa mission dans les limites de la durée du mandat du président de la République démissionnaire.( 2) Dans cette optique, il a déployé, avec sincérité et dévouement, tous les efforts possibles pour sauver l’Algérie du péril qui la menaçait jusqu’aux fondements mêmes de son existence. Simultanément, un programme visant à sortir le pays de la crise a été mis en œuvre dans un esprit d’honnêteté et de bonne volonté. Malheureusement, beaucoup de partis politiques ont montré par leur attitude négative, qu’ils ne voulaient pas réellement apporter leur contribution pour aider à résoudre la crise nationale. En ce qui nous concerne, nous avions espéré qu’ils sauraient se hisser à la hauteur des circonstances et de leur responsabilité, mais il a bien fallu se rendre à l’évidence et reconnaître qu’ils ont manqué le rendez-vous. «A l’approche du consensus national, le Haut-Comité d’Etat avait accepté de prolonger son mandat d’un délai supplémentaire d’un mois, dans le but de décrisper la scène politique et d’offrir concrètement des motifs d’espoir à la Nation et au peuple algérien. La Conférence du Consensus a finalement eu lieu dans les conditions que nous connaissons, marquées par l’absence des principaux partis politiques et le retrait de certains autres. En définitive, ce sont les partis peu représentatifs, ainsi que les associations de la société civile, qui ont tenu à manifester leur présence à la conférence, alors que celle-ci était sincèrement ouverte à tous ceux qui veulent le bien du pays. Aujourd’hui, au moment où s’achève son mandat, le Haut- Comité d’Etat entend rester fidèle à ses engagements, et considère qu’il ne faut ménager aucun effort pour sortir le pays de la crise grave dans laquelle il se débat.» Après l’intervention de tous les membres du Haut-Comité Conseil de Sécurité Ali Kafi reprend la parole : «Je voudrais dire à mon tour qu’en accordant notre soutien à Liamine Zeroual, nous nous sommes décidés en réalité à faire reposer sur ses épaules une charge extrêmement lourde. Cependant, c’est dans les moments difficiles que l’on reconnaît les véritables hommes de courage et de qualité. Aussi, notre devoir à tous est de nous mobiliser derrière lui pour aider à sortir le pays de la crise. La réflexion sur les causes de nos problèmes doit être poursuivie et approfondie, afin de réunir les conditions d’édification et de consolidation d’un Etat algérien moderne, et de mettre fin en même temps, aux pratiques négatives ainsi qu’aux idées rétrogrades. C’est là, la véritable signification que le Haut- Comité d’Etat, y compris le regretté Mohamed Boudiaf, donne au concept de rupture, que chacun continue d’interpréter à sa manière. «Cette rupture doit se poursuivre résolument, d’autant plus qu’elle répond à une aspiration de toutes les couches de la société… C’est sur la base de tels critères que doit reposer la morale de l’Etat. Je pense que Liamine Zeroual est parfaitement en mesure de traduire dans les faits, cette éthique de l’Etat. Puisse Dieu accorder son aide au nouveau Président dans sa lourde tâche, et redonner espoir à tout le peuple algérien.» Telle fut la dernière déclaration officielle d’Ali Kafi. 


Advertisement

1.  Extrait d’un ouvrage à paraître prochainement aux Editions Casbah sous le titre Le Rempart.

Lu sur Lesoirdalgerie.com