Le nombre de détenus algériens qui se présentent à l’examen du baccalauréat est en hausse depuis plusieurs années. Dimanche prochain, ils seront 2 355 à passer la première épreuve de la session 2013.

Élèves scolarisés ou candidats libres, 44 733 Algériens se présenteront aux épreuves du baccalauréat cette année. Parmi eux, 2 355 personnes incarcérées passeront leur examen dans un des 35 établissements pénitentiaires agréés comme centres d’examen officiels par l’office national des examens et concours (ONEC). Une opération qui intervient dans le cadre «de la politique de réforme globale adoptée par le ministère en matière de réinsertion sociale des détenus», a indiqué jeudi un communiqué du ministère de la justice.

Depuis quelques années, le nombre de candidats en prison observe une constante hausse. En 2009 ils étaient 1 347 candidats à se présenter au baccalauréat, puis 2 301 en 2012 et 2 355 lors de la session 2013. Les candidats au BEM sont également très nombreux avec 4 405 aspirants au diplôme cette année. Les droits d’inscription à l’examen (qui tournent autour de 3 000 Da par candidat) sont par ailleurs pris en charge par les établissements pénitentiaires.

Pour les quelque 70 000 détenus qui séjournent dans les 130 prisons du pays, l’enseignement et l’obtention d’un diplôme constituent des opportunités importantes. Outre la formation en elle-même et l’acquisition de savoir, la réussite aux épreuves du baccalauréat et du BEM permettent une remise de peine. Mokhtar Felioune, le directeur général de l’administration pénitentiaire, avait en effet expliqué en 2009 que pour «encourager les prisonniers à poursuivre des études en prison afin de mieux préparer leur réinsertion dans la société, une remise de peine de 24 mois est accordée aux prisonniers qui obtiennent le baccalauréat ou le BEM». Les détenus qui obtiennent un tel diplôme peuvent également bénéficier de la liberté conditionnelle ou d’un régime de semi-liberté afin de pouvoir poursuivre leurs études supérieures.

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