Comme en 2004, un groupe de partis politiques se proclamant de l’opposition tente de faire barrage à la réélection de Abdelaziz Bouteflika en 2014. Mais contrairement à il y a 10 ans en Algérie, il n’y a toujours pas de grosse pointures dans ce conglomérat de l’opposition.

Un groupe de 14 partis politiques, appelés « Pôle national », rejoint par des personnalités « indépendantes » ont organisé, dimanche, une réunion au cours de laquelle ils réitèrent leurs doléances ; à commencer par leur opposition à « une révision de la Constitution» avant l’élection présidentielle de 2014 ? L’argument de ces opposants est simple : l’actuel chef de l’Etat prépare une Constitution « taillée sur mesure ». Ces « opposants » réclament également une «commission indépendante » qui aura pour mission d’organiser des élections « libres et honnêtes ».

Cette rencontre rappelle étrangement des initiatives similaires organisées à la veille de l’élection présidentielle de 2004. La seule différence est que, en dehors de la présence sans doute symbolique de Ahmed Benbitour, ancien Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle de cette année, les autres présents se comptent parmi les partis politiques fondés il y a tout juste une année. Autrement dit, l’impact d’une telle alliance sur le terrain n’est pas forcément garanti. Plus grave encore, c’est que, comme en 2004, l’opposition algérienne n’arrive toujours pas à se mettre d’accord sur une alternative au système. Pis, comme 2004, le seul programme connu jusque-là de ce groupe est le « tout sauf Bouteflika ». Ce qui n’est pas forcément crédible.

Des partis politiques qui peuvent revendiquer un certain poids populaire, à l’image du RCD (qui a tout de même envoyé des émissaires sans s’engager), le FFS ou encore le PT ne font partie de cette initiative. Pis, des membres du groupe, à l’image de Moussa Touati du FNA, Soufiane Djilali de Jil-Jadid et Abderrezak Mekri du MSP se sont déjà déclarés candidats à l’élection présidentielle de 2014. «Nous aurons ainsi la possibilité de provoquer un deuxième tour durant lequel nous allons tous soutenir un candidat de l’opposition », se console Soufiane Djilali. Mais est-il possible d’aller à une deuxième tour avec autant de candidats ?

Essaïd Wakli

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