Bernard Poulin, président fondateur du groupe canadienne Sim International, qui devait construire le nouveau siège d’Air Algérie avant que la compagnie étatique ne résilie le contrat, dément avoir reçu sur le yacht de son associé, Antonio Accurso, des cadres de l’entreprise algérienne afin de décrocher le contrat.

La direction d’Air Algérie s’est-elle laissée séduire par une virée en yacht avant d’attribuer le contrat de construction de son nouveau siège, dans le quartier de Bab Ezzouar à Alger, au groupe canadien Sim International ? Non, dément catégoriquement Bernard Poulin, dans une mise au point rédigée le 12 septembre par son avocat, Me Louis Demers, dont nous détenons une copie. Dans ce courrier, l’avocat affirme que le PDG de Sim International n’a jamais rencontré les « représentants d’Air Algérie » avant le jour de l’inauguration du chantier du nouveau siège d’Air Algérie. Il soutient également que durant sa promenade en yacht aucun « ressortissant de nationalité algérienne » n’était présent à bord.

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La mise au point de l’avocat de Bernard Poulin du 12 septembre, dont Algérie-Focus détient une copie.

L’affaire a éclaté le 4 septembre dernier lorsqu’Antonio Accurso, magnat du secteur de la construction au Québec, entendu par la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, qui a l’habitude de recevoir sur son yacht personnel des hommes politiques canadiens, a déclaré avoir également fait bénéficier un client étranger de ses faveurs. Antonion Accurso soutient que son associé, Bernard Poulin, lui a demandé de lui prêter son luxueux bateau afin d’abriter une négociation sur le contrat de la construction du nouveau siège d’Air Algérie.

Pour l’avocat de Bernard Poulin ces accusations ne tiennent pas et le discours d’Accurso est imprécis. « En réponse aux questions posées sur la location de son bateau à monsieur Poulin et les invités de ce dernier, il a alors employé les mots « je crois » et « c’est mon impression ». Ces informations étaient fausses et dénuées de tout fondement », rétorque Me Demers dans son courrier.

L’affaire de la réalisation du nouveau siège social d’Air Algérie se trouve depuis juin 2014 au niveau de la Chambre de commerce international En effet, la société canadienne a introduit une requête auprès de la CCI après la résiliation du contrat par Air Algérie, suite à l’arrivée de Mohamed Salah Boultif à la tête de la compagnie aérienne étatique. Les Canadiens, qui ont décroché un contrat d’un montant de plus de 80 millions de dollars en 2011, réclament 90 millions de dollars de dédommagement à Air Algérie.