Mots mal articulés, bégaiement, mauvaises prononciations, absence ou non respect de la ponctuation … En clair un « français cassé », pour reprendre la formule populaire. Si ce constat est souvent observable chez les chérubins de l’école fondamentale, ce n’est pas le cas chez les générations précédentes. Lesquelles générations avaient fréquenté l’école avant son arabisation totale au début des années 1980. Et pourtant, notre Premier ministre, Abdelmalek Sellal, fait exception.

Né en 1948, à l’époque coloniale, énarque de surcroît (diplômé de l’ENA, option diplomatie, en 1974), Abdelmalek Sellal s’est illustré, cette fois-ci, par son handicap francophone.

Au cours de son intervention lors du dernier Sommet du Conseil de la Paix et de la Sécurité de l’Union africaine, tenu à Nairobi (Kenya), début de ce mois de septembre, le Premier ministre avait du mal à articuler convenablement les mots de son discours écrit dans la langue de Molière.

Un extrait de son intervention, diffusé par la chaîne Canal Algérie (ENTV), montre Sellal en train de lire son discours à la manière d’un « mauvais écolier » du système fondamental. Visiblement gêné, il tape, alternativement, de ses deux mains sur son pupitre.

Derrière lui, on aperçoit Abdelkader Messahel, embarrassé, retenant péniblement son sourire. Tentant vraisemblablement d’éviter la caméra, le Ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines tourne son regard vers le sol.

La vidéo a été largement partagée et commentée sur les réseaux sociaux. Chaque internaute y va de son commentaire. Du plus burlesque au plus virulent. « Cela me rappelle un journal télévisé en français sur une chaîne yéménite (une vidéo ayant fait le buzz à cause de la non-maîtrise de français par la présentatrice)», commente Khadidja Dida Malak, sur Facebook . « Ils (nos gouvernants, ndlr) ont fait de nous la risée du monde », s’indigne une autre Facebooker. Et beaucoup de commentateurs se demandent « quelle langue maîtrise notre Premier ministre ? ».

Habitués aux déclarations burlesques en arabe populaire (derdja) d’Abdelmalek Sellal, les Algériens découvrent cette fois-ci le talent du Premier ministre pour écorcher la langue française. Cette tragi-comédie nationale serait presque drôle si cela n’était pas de la politique.

Yacine Omar