Avec un baril inférieur à 40 dollars, depuis début août, les cours du pétrole sont à leur plus bas niveau depuis la crise financière internationale de 2009. Et les perspectives ne sont pas bonnes. 

Ce samedi 15 août, le baril de pétrole coûte près de 42 dollars, à la faveur d’une légère hausse. Car, depuis le début du mois, les cours du pétrole franchissent difficilement la barre des 40 dollars. On est loin des coûts records de l’année 2014, quand le baril avoisinait 120 dollars. Et les données ne préfigurent pas d’une embellie à l’horizon.

Offre excédentaire

Pourquoi les cours du pétrole sont en chute libre depuis juin 2014 ? Première raison à la dépréciation du baril de pétrole, le rapport entre niveau de production et la demande reste défavorable à une remontée des prix. L’offre est toujours excédentaire bien que, sous l’effet d’un redémarrage de la croissance économique, aux quatre coins du globe, la consommation mondiale va augmenter en moyenne de 1,6 million de barils par jour en 2015 par rapport à l’an passé. Soit la plus forte progression en cinq ans, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

C’est néanmoins insuffisant pour pallier l’écroulement des cours du pétrole. La demande a réagi tardivement. Ajoutez à cela, un rythme de production mondiale de brut effréné. D’après l’AIE, la production mondiale de brut, dopée notamment par la production de l’Arabie Saoudite et de l’Irak, est supérieure de 2,7 millions de barils par jour en 2015 par rapport à son niveau en 2014. « Ryad a décidé de privilégier la défense de sa part de marché dans l’Opep plutôt qu’un niveau de prix », analyse l’Agence, dans son dernier bulletin mensuel.

L’arrivée de l’Iran sur le marché

La fin de l’embargo sur l’Iran ne sera pas sans conséquence sur les cours du pétrole. Le pays, qui a signé une série d’accords avec les principales puissances occidentales, renonçant en contre partie à se doter de l’arme nucléaire, va connaître une embellie économique. Les exportations devraient bondir de 17 milliards de dollars en 2016, soit 3,5% du produit intérieur brut de l’Iran, faisant ainsi passer la croissance du pays de 5% l’an prochain contre 3% en 2015, précise la Banque mondiale, dans une étude diffusée lundi 10 août. La levée des sanctions contre l’Iran ne fera pas que des heureux puisqu’elle aura un impact « important » sur les marchés mondiaux du pétrole, diminuant de 10 dollars les prix du baril à partir de 2016, estime encore la Banque mondiale. Autrement dit, les prix du pétrole baisserait de près de 21% par rapport aux cours actuels, déjà relativement bas.

Jusqu’en 2018

La crise pétrolière n’est pas passagère. Selon un récent rapport de la très sérieuse agence Moody’s, les cours du pétrole et du gaz naturels vont rester en dessous des records historiques jusqu’en 2018. Bien que l’agence prévoit une augmentation de la moyenne du prix du baril en 2016 aux alentours de 60 dollars, les cours énergétiques ne connaîtront pas les marques historiques avant au moins 3 ans.

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