La Fédération algérienne des consommateurs (FAC), totalement absente du terrain de la défense du pouvoir d’achat des Algériens, vient de lancer un appel aux citoyens et aux services de sécurité pour faire «barrage à tous les dépassements nuisant aux mœurs» le jour de l’an. En d’autres termes, elle souhaite l’interdiction de toutes les festivités marquant cette fête universelle.

Autorité morale autoproclamée, la FAC mène actuellement une campagne de dénigrement contre les Algériens qui projettent de s’offrir quelques moments de joie  durant les fêtes du nouvel an. Dans leurs affichettes ainsi que dans leurs publications sur les réseaux sociaux, les membres de cette fédération développent un discours inquisitoire digne du Moyen Âge.

Ainsi, selon eux, les citoyens algériens, notamment les services de sécurité se doivent de faire barrage «à tous les dépassements nuisant à nos mœurs», car le comportement des gens qui fêtent le jour de l’an est, selon eux, marqué par un esprit d’imitation.  Les gens, disent-ils, «imitent le comportement des Occidentaux».

Développant un discours à faire rougir le plus virulent des prédicateurs wahhabites, le président de cette fédération Zaki Hariz, a appelé, à chaque sortie qu’il a effectuée ces derniers jours, les jeunes Algériens à ne pas fréquenter les lieux «de loisirs où sont organisées les festivités de fin d’année et à ne pas célébrer cette occasion dans les espaces publics en se regroupant, ou en se livrant à des manifestations de liesse, telles qu’observées ailleurs dans le monde».

Le président de la FAC en a rajouté une couche en appelant «toutes les bonnes âmes et les personnes éprises de nos valeurs traditionnelles et religieuses» à veiller à ce que ces consignes soient respectées, en alertant «les services de la police et de la gendarmerie à travers leur numéro Vert afin de démontrer notre solidarité avec l’État algérien qui œuvre pour le respect et la sécurité du citoyen».

Cette campagne nauséabonde de la FAC ressemble à s’y méprendre à celles menées par les organisations intégristes de la fin des années 80 début 90. Outrepassant ses prérogatives, théoriquement liées à la défense des droits des consommateurs, cette organisation fantoche et absente sur le terrain souhaite s’ériger en conscience de la société. Mais gageons que les Algériens seront nombreux à ignorer ces hurluberlus d’un autre âge et communieront avec tous les autres peuples de la planète dans la joie et l’allégresse.

Massi M.