L’économiste et analyste politique, Ferhat Aït Ali, un des rares intellectuels algériens à s’exprimer régulièrement pour apporter les éclairages nécessaires à la société, réagit sur son compte Facebook pour donner une lecture pertinente des troubles ayant secoué la ville de Béjaïa hier lundi. À son sens, ces événements sont une sorte de test précédant un soulèvement téléguidé d’une plus grande ampleur.    

Sous le titre évocateur de «La jeunesse : carburant d’un décollage, ou combustible d’une déflagration»,  M. Aït Ali s’est livré à une lecture pointue des troubles ayant secoué la ville de Béjaïa hier. Fin observateur de la scène politique et économique, M. Ait Ali a affirmé que toutes les lectures concernant les violences qui ont accompagné la grève des commerçants ne peuvent être que négatives d’autant plus que ces événements s’apparentent plus à un test précédant des opérations de déstabilisation de plus grande ampleur qu’a un mouvement structuré et bien encadré.

Pour lui, les appels à la mobilisation contre la loi de finances 2017 ayant servi à la préparation de cette « opération », surfant notamment sur les répercussions néfastes de cette loi de finance,s ne sont qu’un leurre. Il serait plus judicieux, affirme-t-il, d’identifier les «objectifs réels et les parties impliquées dans cet essai grandeur nature de mobilisation ultérieure des populations juvéniles pour des objectifs aux antipodes avec ceux déclarés au départ».

Toujours dans le même sillage, M. Aït Ali s’interroge sur le bien-fondé de cette action de protestation menée par des commerçants qui sont les premiers bénéficiaires de cette loi de finances. «Les commerçants n’ont strictement aucune raison de contester cette loi de Finances», souligne-t-il, affirmant que  celles-ci ne les pénalisent nullement. Plus, il met en évidence le fait que «les dispositions de cette loi de finances leur permettra d’engranger des marges conséquentes au nom d’une augmentation de taxes sur les consommateurs, même pas entrées en vigueurs sur les anciens stocks, et il se trouve que le gros de ces détaillants sont taxés selon le régime de l’IFU, qui les dispense même de tenir une comptabilité sérieuse, leur permettant ainsi de doubler leurs marges avec la même fiscalité et d’en faire assumer la charge à un état aussi défaillant dans la prévision des effets de ses actions, que dans leur prise en charge une fois évidents sur le terrain».

L’analyse de M. Ferhat Aït Ali démontre que les troubles qui ont secoué la ville de Béjaïa ne sont pas une supercherie organisée par des bandes de voyous dans le but de faire du chahut, mais une sorte de phase préparatoire à un plus grand bouleversement.

Massi M.