A peine sorti de prison, Kamel-Eddine Fekhar reprend son combat. Dans une interview accordée au journal El Watan, le militant des droits de l’Homme décrit des conditions de détention inhumaines.

« Il faut voir la vie dans les prisons de Ghardaia et El Goléa où, dans une salle de 25 m2, on met 45 prisonniers dans laquelle on mange, on dort, on fait nos besoins naturels, nos prières. Nous étions comme dans une boite de sardines. Je vous épargne les agressions violentes et sexuelles contre des prisonniers sans aucune intervention des gardiens, c’est presque toléré. Et quand l’avocat a soulevé ce problème, au lieu d’ouvrir une enquête, le procureur a décidé de le poursuivre. Absurde ! », raconte-il.

L’homme, qui a purgé 23 mois de prison et effectué 107 jours de grève de la faim, reste droit dans ses bottes. Il estime qu’il a été emprisonné pour ses idées et jamais pour autre chose. « Les jeunes Mozabites sont indépendants comme le reste des jeunes algériens. Et c’est peut-être ça le tort de Fekhar. C’est d’avoir contribué à éveiller la conscience des jeunes Mozabites. Et si c’est l’accusation, je l’assume et ça m’honore. J’ai été emprisonné pour mes idées », indique-t-il.

Interrogé sur la propagande distillée à son encontre par le pouvoir, Kamel-Edine Fekhar renvoie aux conditions qui ont présidé à son arrestation. « Quand des agents en tenue officielle se comportent comme on l’a vu, c’est du racisme. Mais au lieu de s’occuper de cette dramatique situation, des médias à la solde du pouvoir se focalisent sur Fekhar et l’accusent de séparatisme », rappelle-t-il.

Rania Aghiles