L’ONG Human Right Watch (HRW) a publié son rapport 2013, dans lequel elle présente un panorama et une analyse des droits de l’homme dans le monde. L’Algérie aux yeux de HRW présente un bilan mitigé en matière de respect des droits de l’homme.

L’Algérie doit encore faire ses preuves dans le domaine des droits de l’homme selon l’ONG HRW. Dans son rapport de 2013, elle souligne quelques faiblesses importantes dans le respect des libertés et des droits de l’homme. Point par point, le rapport analyse les atteintes aux libertés des citoyens algériens et relève de nombreuses irrégularités.

Les autorités « n’ont guère donné aux Algériens une plus grande liberté pour s’associer, former des partis politiques ou exprimer leurs opinions. Les autorités ont invoqué d’autres lois et réglementations répressives pour étouffer les voix dissidentes et juguler les activités relatives aux droits humains, notamment la loi de 1991 régissant le droit à la liberté de réunion, qui exige l’obtention d’une autorisation préalable pour les manifestations publiques », souligne l’ONG dans son rapport.

Elle relève également des entraves faites au militantisme avec l’arrestation de nombreux militants des droits de l’homme, notamment celles de Yacine Zaid et Abdelkader Kherba, qui ont été fortement médiatisées. La liberté d’expression reste encore la bête noire de l’Algérie. Bien que cette dernière parvienne de plus en plus à s’imposer dans le paysage algérien. « Les délits d’expression continuent d’être omniprésents dans le code pénal, qui prévoit jusqu’à trois ans de prison pour des tracts, bulletins ou papillons qui sont « de nature à nuire à l’intérêt national » et jusqu’à un an pour diffamation ou injure à l’encontre du président de la République, du parlement, de l’armée ou d’institutions publiques », précise l’ONG.

Association et réunion, les limites de l’Etat algérien

Dans le même registre, l’Algérie est épinglée pour son rôle dans la restriction de rassemblement. Les manifestations deviennent quasi impossibles à organiser, tout motif étant invoqué pour empêcher la réunion. « Tout au long de l’année 2012, les autorités algériennes ont continué de limiter fortement la liberté de réunion, recourant à des techniques préventives, bloquant par exemple l’accès aux lieux prévus pour des manifestations et procédant à des arrestations pour empêcher ne fût-ce que l’amorce de contestations publiques, tout particulièrement lorsque le but de la manifestation était jugée politiquement sensible. »

La nouvelle loi sur les associations adoptée le 12 janvier 2012 par le Parlement est également remise en question. Cette nouvelle mesure tend à contrôler la liberté d’association jusqu’à l’extrême. « Une association non reconnue, suspendue ou dissoute peut donner lieu à une peine d’emprisonnement ». La loi, ajoute encore le rapport « Elle contient bon nombre de nouvelles dispositions qui octroient des pouvoirs considérables au gouvernement pour contrôler les associations », précise HRW. Le rapport souligne notamment la possibilité de «dissoudre des associations pour des motifs généraux», notamment pour «ingérence dans les affaires internes du pays, atteinte à la souveraineté nationale, réception de fonds étrangers sans autorisation préalable et exercice d’activités autres que celles prévues dans leurs statuts».

Terrorisme

Concernant le volet terrorisme, HRW s’est également penché sur la politique de l’Etat algérien. Pour les familles des disparus durant la décennie noire, « L’État a offert des indemnisations aux familles des victimes de disparitions forcées survenues pendant cette période, mais il n’a apporté aucune réponse à propos du sort qui leur a été réservé », estime l’ONG.

Mais elle note qu’il y a un certain retard injustifié dans le jugement des terroristes emprisonnés. En 2012 «les procès de Hassan Hattab, Amari Saïfi et Kamel Djermane, trois terroristes présumés détenus au secret pendant plusieurs années et traduits en justice après la levée de l’état d’urgence, ont été plusieurs fois reportés».