pétro Les prix de pétrole s’envolent, l’Algérie peut se permettre de grands espoirs. Après trois séances de gains spectaculaires, les prix du baril sont au plus haut depuis 10 mois, dans le sillage de la chute massive des stocks pétroliers américains. Vendredi, les prix se maintenaient à plus de 74 dollars se rapprochant peu à peu du prix «juste» de 75 dollars, un niveau qui convient tout à fait aux pays producteurs de pétrole. A la clôture de la séance, le baril de brut léger texan (WTI), pour livraison en septembre, a gagné 98 cents à 73,89 dollars, et celui de Brent de la Mer du Nord, pour livraison en octobre, a grimpé de 86 cents à 74,19 dollars.

Le pétrole est monté à son plus haut niveau depuis octobre au cours de la séance, 74,72 dollars. Les cours du brut semblent profiter d’une augmentation des Bourses européennes, la Bourse de Paris étant à son plus haut de l’année, ainsi que de la stabilisation de l’activité dans les services et l’industrie en zone euro. L’activité a arrêté de se contracter en août, selon une première estimation de l’indice composite des directeurs d’achats (PMI). L’indice a augmenté de 3 points comparé à juillet, pour atteindre le seuil de 50 points, un plus haut depuis quinze mois. Est ce la reprise de l’économie mondiale ou c’est simplement une envolée conjoncturelle? La réponse à cette question est difficile toutefois les observateurs s’accordent sur le fait que les prix de l’or noir devront continuer leur ascension dans les prochains mois avec l’approche de la saison de l’hiver dans l’hémisphère nord de la planète. Le vent d’hiver fait trembler les Bourses. Les pays industrialisés devront acheter de grandes réserves de pétrole pour leurs besoins de chauffage. Un baril à plus de 70 dollars satisfait entièrement les pays de l’OPEP. Le ministre koweïtien du Pétrole, Cheikh Ahmad Abdallah al-Sabah, a d’ailleurs estimé récemment que le cartel devait maintenir son niveau de production actuel inchangé.

L’Opep ne bouge pas

La déclaration a été faite à quelques jours de la prochaine réunion de l’organisation prévue pour le 9 septembre prochain à Vienne. Le Koweït n’est pas le seul pays à estimer que le prix de 70 dollars est susceptible de couvrir les charges d’exploitation des compagnies en dégageant une marge bénéficiaire et de garantir des rentrées suffisantes en fiscalité pour le budget de l’Etat. L’Algérie se trouve en effet parmi ces pays. Le Sahara Blend s’est vendu à une moyenne de plus de 50 dollars le baril lors des six premiers mois de l’année, selon l’Opep. Les calculs du ministère des Finances réduisent ce prix à environ 45 dollars, selon les déclarations faites à la presse par le ministre Karim Djoudi. Les pays de l’Opep ne veulent pas prendre le risque de réduire la production pour contraindre le marché à la hausse ni à l’augmenter au risque de provoquer un surplus. Le satisfecit de l’Algérie de ce niveau des prix est justifié, un baril à moins de 70 dollars menace l’économie et la paix sociales dans un pays dépendant à 99% de ses exportations de pétrole. La dégringolade des prix au début de l’année avait mis les finances du pays dans une situation délicate.

R.T.
Avec Le Financier

Article précédentTrafic d'organes présumé en Israël : la Suède veut respecter la liberté d'expression
Article suivantEn dépit des promesses des pouvoirs publics : Les viandes voient rouges