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Décidément, l’affaire de l’autoroute Est-Ouest tourne au procès de la Direction du renseignement et de la sécurité (DRS). Un autre accusé dans ce scandale, qui fait couler beaucoup d’encre, affirme avoir été « torturé par le DRS » ! 

Hamdane Salim Rachid figure parmi les 16 personnes impliquées dans l’affaire de l’autoroute Est-Ouest ainsi que sept entreprises étrangères. Il était l’ex-directeur de la planification au ministère des Transports. Lors de son audition devant le tribunal criminel d’Alger, il accuse le DRS, le service de renseignement algérien, de l’avoir torturé et enlevé.

 »J’ai été enlevé par le DRS;  j’ai été détenu pendant quatre jours; j’ai été torturé; j’ai subi des pressions »,  a-t-il clairement dit lors de son audition. Il a par ailleurs réfute toutes les déclarations (portées) sur  le procès-verbal de la police judiciaire, affirmant avoir parlé sous la torture et la contrainte. Ces nouvelles et graves accusations contre le DRS relancent la suspicion autour de ce puissant appareil sécuritaire.

Hamdane Salim Rachid est le deuxième témoin qui révèle des pratiques de torture. Avant lui, Chani Medjdoub, l’accusé principal, a raconté qu’il était détenu clandestinement par des agents du DRS. Et au cours de sa détention, il aurait subi, toujours d’après son récit, les pires sévices, notamment lors de ses interrogatoires, par les officiers de la police judiciaire du DRS.  « J’avais demandé à me rincer. J’étais sale. Dans la nuit, lors de l’interrogatoire, j’étais nu, ils sont venu me dire : On a entendu dire que tu voulais prendre une douche ? Avant de commencer à me pisser dessus », avait-il confié.

Ces nouvelles accusations n’ont, pour l’heure, suscité aucune réaction officielle. Ni celle du ministère de la Défense ou celle de l’Etat-major de l’armée algérienne auquel est attaché le DRS. Les Algériens assistent médusés à ces révélations fracassantes sur les institutions de leur pays.

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