Le ministre des Travaux publics, Abdelkader Kadi, est hors de lui. Lors de visites effectuées, ces derniers jours, sur des chantiers de l’autoroute Est-Ouest, il s’est exprimé avec une colère très remarquée.

Mais, en dehors de l’autoroute Est-Ouest, cache-misère de la politique du régime, les autres chantiers qui relèvent de son département sont relégués au second plan. Ainsi, à propos des routes des villes et villages qui sont dans un état déplorable, le ministre n’en soufflera mot. Pourtant, son département a réservé une énorme enveloppe budgétaire pour leur réfection.

Hormis le budget du ministère des Travaux publics, la vignette automobile, qui est prélevée chaque année sur les automobilistes, est censée être réservée à la réfection des routes. Mais les choses ne changent pas. Et pour ne rien arranger à la situation, les deux départements ministériels concernés, à savoir l’Intérieur (les collectivités territoriales refont les routes communales) et les Travaux publics se rejettent la balle. Chacun reproche à l’autre d’avoir mal agi. Résultat des courses: Les routes algériennes sont en piteux état, provoquant de nombreux accidents de la circulation coûteux en vies humaines et en argent.

Le comble de cette incurie est sans aucun doute la situation dans laquelle se trouve l’autoroute Est-Ouest. Le «projet du siècle » se transforme ainsi en « hérésie du siècle », à cause des déformations la caractérisant. Un signe que même lorsque l’Etat débourse des milliards de dollars, l’usage de ces sommes laisse à désirer.

 Essaïd Wakli

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