Docteur en sciences politiques et spécialiste du Maghreb, Naoufel Brahimi El Mili est l’auteur d’interview (presque) imaginaires d’acteurs politiques du monde arabe. Pour Algérie-Focus.com, il croque Abdelaziz Bouteflika et d’autres responsables algériens. Naoufel Brahimi El Mili a aussi publié aux éditions Max Milo en 2012 « Le printemps arabe, une manipulation ? » 

De passage rapide à Alger, pour recevoir son homologue français, entre deux escapades dans des wilayas lointaines, le Premier ministre-candidat Abdelmalek Sellal, nous accorde un entretien compliqué car la présence d’un traducteur était jugée inappropriée. Me voilà obligé de décrypter les « Sellalades » qui comme les « Raffarinades » ont fait la joie de la presse française de l’époque.

Moi : Monsieur le Premier ministre, vous qualifiez l’action du Président Bouteflika comme une série de miracles, vous ne cessez d’appeler à un quatrième mandat, alors que vous savez très bien qu’il ne se représentera pas en 2014, pourquoi ?

Lui : Après quinze ans de bonheur, un bilan exceptionnel mon souhait est évidement que Bouteflika poursuive son œuvre. Cependant l’avis du corps médical est plus important que celui du corps électoral, je me dévoue donc pour continuer l’action de mon maitre à penser, de mon zaim. Oui je suis le candidat naturel à sa succession même si elle s’impose trop tôt à mon gout.

Moi : Vous êtes donc candidat au plus haut poste politique et sans avoir jamais été adhérent d’aucun parti. Comment comptez-vous faire ?

Lui : Détrompez-vous. A l’époque du parti unique j’étais adhérent au FLN, sinon je ne pouvais être nommé chef de Daira. Avec le multipartisme, j’avais hésité entre quitter le parti historique et adhérer à un nouveau parti du pouvoir comme le RND par exemple et comme je n’ai jamais été candidat à quelque poste électif, je suis resté dans le flou. Cette situation me convient bien car je me tiens, involontairement, au dessus des partis.

Moi : Qu’est-ce qui vous qualifie à être président de la république.

Lui : Ma grande expérience. Je suis au gouvernement depuis plus de quinze ans. Mon passage à le tête du ministère de l’hydraulique m’a appris comment arroser les gens. Démarche indispensable et incontournable pour assouvir toute ambition politique et peu importe qu’elle soit légitime. Par ailleurs, je voyage beaucoup à l’étranger et je rencontre les grands de ce monde. Bouteflika qui recevait toutes les personnalités de passage à Alger, me délègue cette tache, j’étais donc le premier à recevoir le Premier ministre français alors que Bouteflika recevait d’emblée Gérard Depardieu, Jean-Claude Brialy et autres. C’est moi qui reçoit Arnold Schwarzenegger, grande personnalité hollywoodienne et ancien gouverneur  de Californie. Me voilà sur orbit.

Moi : Merci pour votre franchise qui m’autorise à vous questionner sur les « sellalades ». Le moteur de recherche Google associe votre nom aux mots : « Fakarir », « Nanak » et autres bizarreries. Quel est votre commentaire ?

Lui : Merci de rappeler que j’ai beaucoup d’humour, parfois involontairement. Je vous signale qu’en 2000 une journaliste française a qualifié Bouteflika comme un mélange de Coluche et de Gaule. Alors moi je souhaite être un compromis entre Abdelkader Secteur, Oum Traki et Jamal Debouze, vive le grand Maghreb. Je m’engage devant les Algériens que même président je conserverai mon humour désormais légendaire. Avec moi ils ne vont pas s’ennuyer, ce qui est une bonne nouvelle pour les chômeurs de plus en plus nombreux dans le pays. A défaut de garantir le plein emploi je vais assurer la bonne humeur. C’est tout un programme !!!

 Naoufel Brahimi El Mili 

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