Les langue se délient et les principaux acteurs de la décennie noire commencent à lever le voile sur cet épisode sanglant de l’histoire contemporaine de l’Algérie. Après le général Khaled Nezzar, l’ancien ministre de la Défense nationale, c’est au tour du général Mohamed Betchine, patron de la Sécurité militaire à la fin des années 80, de faire ses confessions. 

Mohamed Betchine n’a pas sa langue dans la poche. Dans un entretien accordé ce dimanche au quotidien arabophone Ennahar, le général à la retraite promet de révéler un rapport confidentiel concernant les crimes et dérapages des années 90. Il tacle le général Khaled Nezzar et le contredit au sujet des négociations menées avec le défunt Hocine Aït Ahmed en 1992 et 194. « Je vous dis que Nezzar a proposé à Aït Ahmed de devenir président et je n’ajoute rien de plus ! », a indiqué le général Betchine qui apporte, ainsi, un cinglant démenti aux déclarations de Khaled Nezzar qui avait juré de n’avoir jamais effectué une telle démarche auprès de l’ex-opposant exilé en Suisse.

La charge de Mohmaed Betchnine est encore plus vigoureuse dans le dossier des négociations avec les dirigeants du FIS:  « J’ai reçu le président du FIS Abassi Madani et son adjoint Ali Belhadj dans mon bureau et de façon officielle (…) et en tant que premier responsable des services de renseignements du pays », raconte Betchine selon lequel ces négociations, qui auraient pu éviter au pays les violences civiles, ont été torpillées par des « parties », en allusion à Khaled Nezzar accusé d’avoir saboté ce processus de négociation. Betchine promet de rendre public un rapport confidentiel qui prouvera ces propos.

Cette sortie médiatique inattendue intervient au moment où le général Khaled Nezzar se dit prêt à affronter la justice pour s’expliquer au sujet des dérives et dérapages des années 90.

L’omerta  est en cours d’être brisée à propos de la décennie noire et l’Algérie s’apprête à assister au grand déballage.

Décennie noire/ Le grand déballage va-t-il bientôt commencer ?
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