L’Etat est sous-encadré. Des institutions vitales manquent cruellement de cadres. Des wilayas, des ambassades et même un ministère, celui du Tourisme en l’occurrence, n’ont personne à leur tête pour les gérer. 

Répondant à une question d’un journaliste, le Premier ministre a annoncé la nomination «prochaine» d’un ministre du Tourisme, poste vacant depuis plus d’un mois.

Alors que la saison estivale commence sur les chapeau de roue, le département ministériel qui doit gérer tous les aspects liés à cette période de grands déplacements n’a toujours pas de titulaire. A peine nommé le 25 mai, Messaoud Benagoune a été limogé deux jours après. Il n’est toujours pas remplacé créant un vide institutionnel inédit.

Le ministère du Tourisme n’est cependant pas la seule institution qui se trouve sans responsable. Au moins quatre wilayas n’ont toujours pas de wali depuis plus d’un mois. Les anciens premiers responsables des wilayas de Tlemcen, Annaba, Oran et Blida ont été nommés ministres sans avoir été remplacés. Et si trois départements sont gérés, pour l’instant, par les secrétaires généraux, comme cela se fait lors des vacances, le cas de la wilaya d’Oran est atypique. La capitale de l’Ouest se trouve, en effet, sans wali et sans secrétaire général. Une situation paradoxale pour une région à forte activité touristique.

La vacance concerne également nos représentations diplomatiques. Deux grandes ambassades algériennes à l’étranger n’ont, en effet, pas de têtes. A Paris, c’est le chargé d’affaires qui assume la charge d’ambassadeur depuis le limogeage de Amar Boudjema en décembre dernier. Des noms de personnalités politiques de haut rang sont régulièrement cités pour le remplacer, mais rien n’est encore fait. C’est également le cas pour l’ambassade d’Algérie à Rabat au Maroc. Le poste est sensible. Mais il n’est toujours pas pourvu. En attendant, c’est également le chargé d’affaires qui y gère les affaires courantes.

Parmi les institutions de «contrôle», le Conseil économique et social (CNES) occupe une place de choix dans l’édifice institutionnel. Pourtant, ce conseil, rattachée à la Présidence de la République, n’a toujours pas de président depuis le décès, en février dernier, de Mohamed-Seghir Babès.

Cette vacance de postes de responsabilités sont d’autant plus problématiques que des sources gouvernementales affirment que l’administration et les entreprises publiques algériennes souffrent déjà d’un grave problème de management. Sous-payés, maltraités et mis sous pression, beaucoup de cadres préfèrent s’expatrier ou travailler dans de grands groupes privés, laissant ainsi les entreprises publiques et la haute administration sans encadrement. Un péril qui s’ajoute à ceux qui guettent le pays, à savoir la corruption et les difficultés économique.

Rania Aghiles