Plus de deux mois après sa mort et les innombrables hommages qui l’ont suivie dans le monde entier, Michael Jackson repose enfin dans une dernière demeure digne de sa vie. Le « roi de la pop » a été inhumé jeudi soir dans la plus stricte intimité mais -statut de star planétaire oblige- au cours d’une cérémonie télévisée sous le strict contrôle de sa famille au cimetière hollywoodien de Forest Lawn, à Glendale, en banlieue de Los Angeles.

La cérémonie a débuté à 20h30 locales (vendredi 3h30 GMT) en raison de l’arrivée, avec une heure et demie de retard, de la famille proche du « roi de la pop » avec en tête ses parents, Joe et Katherine, et ses trois enfants, Prince Michael, 12 ans, Paris Michael, 10 ans, et Prince Michael II, 7 ans, surnommé Blanket.

La famille et les proches de la star défunte sont arrivés en un convoi de 31 limousines noires, des Rolls Royce et des Cadillac, escortées par la police, en provenance d’Encino, la propriété de la famille Jackson dans la vallée de San Fernando, dans la banlieue nord-ouest de Los Angeles, à une demi-heure de Glendale.

Un projecteur de cinéma et une caméra étaient suspendus au-dessus de l’audience, en face d’un mausolée de marbre blanc. La scène pourrait figurer dans le prochain film de la vedette, « This Is It ».

Par une température caniculaire de 32°C malgré la tombée de la nuit, 200 personnes triées sur le volet les attendaient devant un portrait en jaune du chanteur. Les participants en costume noir s’éventaient avec le programme dans la chaleur moite. Seuls les hommes de la famille portaient une cravate rouge sur un costume gris anthracite pour les distinguer, et un brassard noir.

Elizabeth Taylor, 77 ans, en fauteuil roulant, était au premier rang des célébrités et amis parmi lesquels se trouvaient également Quincy Jones, Macaulay Culkin (« Maman, j’ai raté l’avion »), Barry Bonds ou encore Gladys Knight qui a conclu la cérémonie en entonnant le cantique « Notre Père ». Peu avant, le pasteur et ardent militant de la défense des libertés civiques Al Sharpton s’est brièvement exprimé pour dire que Michael Jackson avait « enfin trouvé le repos ». Message qu’il a repris sur sa page Twitter.

Loin de ce parterre de célébrités, journalistes et fans étaient soigneusement tenus à l’écart du périmètre de sécurité entourant le cimetière. Côté médias, pas moins de 435 accréditations avaient été demandées et accordées.

Les fans n’ont pas pu rendre un ultime hommage au chanteur et ne pourront pas non plus se recueillir sur sa tombe.

La famille Jackson a en effet acquis 12 concessions dans l’enceinte du Grand Mausolée de Forest Lawn, bâti sur le modèle du célèbre Campo Santo de Gênes, en Italie. C’est dans ce lieu protégé et surveillé 24 heures sur 24, qui abrite une reproduction de La Cène de Léonard de Vinci, ainsi que plusieurs copies de statues de Michel-Ange, que « Bambi », décédé le 25 juin, repose désormais aux côtés de grands noms de Hollywood et du monde du spectacle américain, tels Walt Disney, Clark Gable, Jean Harlow, W.C. Fields et Nat King Cole.

Plus d’un mois après la cérémonie publique organisée au Staples Center de Los Angeles, et moins d’une semaine après la date anniversaire de sa naissance (il aurait eu 51 ans le 29 août), l’inhumation de Michael Jackson marque la fin des hommages qui se sont succédé depuis son décès par arrêt cardiaque le 25 juin à Los Angeles.

Mais ses obsèques ne mettent cependant pas un terme à l’enquête sur les circonstances de sa mort. La semaine dernière, le bureau du coroner de Los Angeles a officiellement qualifié cette mort d' »homicide » par médicaments.

Le Dr Conrad Murray, médecin personnel de Michael Jackson, est au centre de l’enquête. Il a reconnu avoir administré du Propofol au « roi de la pop » le matin de sa mort, expliquant que Jackson en prenait déjà depuis quelques jours en raison d’importants troubles du sommeil.

La police de Los Angeles a ouvert une enquête pour homicide involontaire et sans préméditation, mais le bureau du procureur n’a pour l’instant retenu aucune charge. Les conclusions du bureau du coroner rendent ces charges plus probables, mais pas certaines.

Selon le rapport d’autopsie, la mort de Jackson est principalement due à « une intoxication aiguë au Propofol », un puissant anesthésique normalement utilisé uniquement en milieu hospitalier, et à un autre sédatif, le Lorazepam, vendu sous la marque Ativan. L’autopsie a également révélé la présence d’autres produits, les sédatifs Midazolam et Diazepam, de la lidocaïne, un antidouleur, et de l’éphédrine.

AP