L’équipe de France continue de se gratter la tête face aux mêmes problèmes après avoir retrouvé samedi l’isolement de Knysna au lendemain de son match nul sans but contre l’Uruguay.
Comme depuis le début de sa préparation, la France s’est cassé les dents vendredi face à une équipe souvent recroquevillée sur son but et elle a aussi connu quelques sueurs froides en défense pour son entrée en lice dans la Coupe du monde de football.
Le hic, c’est que le temps passe et qu’elle n’a plus que deux matches pour trouver des solutions dans un groupe A où toutes les équipes sont restées sur la même ligne, avec un seul point au compteur.
Après cette « journée pour rien », Raymond Domenech a dressé le même constat qu’après la défaite contre la Chine lors du dernier match amical.
« C’est frustrant de ne pas avoir gagné ce match-là mais on n’a pas été assez précis, serein dans la phase finale et eux ont bien défendu, debout, sans faire trop de fautes. C’est dommage, frustrant », a commenté le sélectionneur.
Raymond Domenech a pourtant changé des choses par rapport aux matches de préparation, qui avaient exposé les mêmes lacunes. L’innovation la plus spectaculaire et la plus réussie a été la titularisation d’Abou Diaby à la place de Florent Malouda, ce qui a aussi modifié l’équilibre du milieu de terrain.

Le joueur d’Arsenal possède déjà la même allure que Patrick Vieira et il n’a pas été loin d’avoir le même impact que l’ancien capitaine des Bleus. S’il a joué moins haut que Malouda, il a imposé sa présence physique au milieu du terrain, il a récupéré, dribblé, couru, projeté le jeu vers l’avant.

SOUCIS EN ATTAQUE

« C’est une adaptation, il y a des joueurs avec un tempérament plus offensif, d’autres moins et vous déterminez que ça donne des chiffres. Ca ne me préoccupe pas », a répliqué le sélectionneur à une interrogation sur ce changement tactique par rapport aux rencontres amicales précédant le Mondial.
« L’essentiel c’est qu’on ait une assise solide avec des joueurs (que) vous mettez dans l’ordre que vous voulez, moi je les mets de 1 à 23 », a-t-il ajouté.
De retour sur leur camp de base au bord de l’océan Indien, Raymond Domenech et ses adjoints ont commencé à disséquer les images de cette rencontre face à l’Uruguay afin de se projeter d’ores et déjà sur la suivante jeudi contre le Mexique.

Si les Bleus ont enfin réussi à ne pas encaisser de but malgré l’activité de Diego Forlan, le principal souci reste d’en marquer.
Raymond Domenech a modifié son milieu de terrain, il a en revanche laissé en place Nicolas Anelka à la pointe de l’attaque et Sidney Govou sur le côté droit. Ces deux joueurs n’ont guère plus pesé sur les débats que lors des matches de préparation et pendant ce temps, Thierry Henry continue de ronger son frein sur le banc des remplaçants.
Depuis le début de la préparation, le sélectionneur n’a cessé de vanter la variété des choix à sa disposition, aussi bien sur le schéma tactique que sur les hommes. L’attaque pourrait être le prochain théâtre du changement.
Sous les ordres de Raymond Domenech, la France avait déjà entamé ses deux précédentes compétitions internationales par des nuls sans but, avec deux destins opposés, l’un la menant à la finale de la Coupe du monde 2006, l’autre à une sortie de route dès le premier tour de l’Euro 2008.
Après sa prestation contre l’Uruguay, la France en est toujours à se demander quel chemin elle va emprunter.
« C’est pour maintenir le suspense le plus longtemps possible », a plaisanté Raymond Domenech.

Reuters