Les violences ethniques entre Kirghizes et Ouzbeks se sont poursuivies samedi à Och pour la deuxième journée consécutive portant à 49 le nombre des morts, selon un bilan officiel.
« Des rues entières sont en flammes. La situation est très grave. Rien n’indique que cela va s’arrêter. Des maisons ont été incendiées », a indiqué Rakhmatillo Akhmedov, porte-parole du ministère de l’Intérieur.
Vendredi, le gouvernement intérimaire a décrété l’Etat d’urgence dans la ville de Och et dans plusieurs districts ruraux voisins après des affrontements entre des centaines de jeunes armés de pistolets et de barres de fer.
Une journaliste de Reuters présente sur place a rapporté que des fusillades se sont produites tout au long de la nuit dans le quartier ouzbek d’Och, deuxième ville du pays. Un porte-parole du ministère kirghize de la Santé a fait état de 49 morts et de 654 blessés, soit les plus graves violences depuis la révolte populaire qui avait abouti à la destitution du président Kourmanbek Bakiev en avril.
La présidente par intérim, Roza Otounbaïeva, a annoncé l’envoi de troupes et de blindés pour ramener le calme dans cette cité de 200.000 habitants.
La situation instable dans cette région, qui fut autrefois un fief de Bakiev, est suivie avec attention tant Les Américains louent actuellement une base à Manas qui sert de point de transit pour l’acheminement de troupes et de matériels aux forces engagées dans le conflit afghan.
Le Kirghizistan compte 5,3 millions d’habitants, dont la majorité (69,6%) est d’origine kirghize, tandis que 14,5% sont ouzbeks et 8,4% russes.
Dans le sud, les Ouzbeks représentent environ 40% des un million de personnes qui vivent dans la région
de Djalalabad et 50% dans la région d’Och.

Reuters