A l’instar des revendications socio-pédagogiques des étudiants, il y a aussi l’urgence de rendre à l’Université sa véritable place qui, jadis, l’élevait au rang de « gardienne des consciences ».

La réussite de la marche de lundi dernier semble donner des idées aux étudiants et aux organisateurs de cette importante manifestation, notamment. Au-delà des revendications ayant trait au domaine socio-pédagogique, et de manière plus générale à la démocratisation de l’Université, il y aussi le souci de rendre à l’Université sa place qui, jadis, l’élevait au rang de « gardienne des consciences ».

Aujourd’hui, faire de l’Université algérienne un acteur à l’avant-garde des luttes sociales, c’est ce à quoi aspire l’étudiant algérien. La coordination nationale autonome des étudiants, CNAE, née dans la crise que vivent nos Campus, semble en tout cas convaincue de cet idéal. Déterminé, Karim, un étudiant à la faculté de Tizi-Ouzou, nous livre sa perception de la chose : « La question de bâtir un seul et unique front social n’est pas encore soumise aux réunions que nous tenons régulièrement ». L’heure est sans doute au bilan de la marche. Mais l’idée fait son chemin et gagne de plus en plus les consciences.

Joint par téléphone, Karim, lui-même, délégué de la CNAE, a rappelé que  » toute satisfaction de nos revendications est incontestablement tributaire d’un changement en profondeur du système de gouvernance actuel ».  » Les slogans, criés à gorge déployée, lors de la marche d’Alger, en sont la meilleure preuve. », a-t-il ajouté.

A la question de savoir si les étudiants entendent-ils s’impliquer dans toutes les luttes et mouvements de protestation qui balayent notre pays depuis les émeutes du 5 et 6 janvier 2011, notre interlocuteur précise : « On discutera, sûrement du sujet au cours de nos prochaines réunions. Et l’on se penchera justement sur les meilleurs moyens de créer un seul front social ». Un pari lourd de sens ! Les mouvements sociaux se multiplient et gagnent du terrain comme jamais. L’Université saura-t-elle fédérer ces mouvements et en faire un seul et solide front ?

K.Hamzaoui, un autre délégué de la Coordination des étudiants est lui aussi convaincu que l’Université est appelée à jouer ce rôle. Sur la chaîne El Jazzera, le jeune étudiant dira : « Nous soutenons tous les mouvements de contestations. Chômeurs, gardes communaux, médecins résidents, paramédicaux, doivent être fortement appuyés, sinon fédérés ».

La création d’un front social uni est certes un travail de longue haleine, mais vu la détermination des étudiants, tout indique qu’un tel front verra bientôt le jour, et ils y croient. A défaut d’une disponibilité des pouvoirs publics, peu réceptifs au bruit d’une contestation devenue quotidienne, nul doute que les mouvements sociaux finiront par chercher à s’unir autour d’un socle, et parleront naturellement d’une seule voix. Leur alliance donnera alors un souffle inépuisable pour marquer un réel changement.

Karim Benay