Fuite des capitaux. Plus de 25,7 milliards de dollars ont quitté l’Algérie selon Global Finance integrity*

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D’après Global Finance integrity (Gfi), la fuite des capitaux en Afrique se chiffre à 854 milliards de dollars entre 1970 et 2008, soit quatre fois la dette extérieure du continent. Mais ce chiffre est beaucoup plus élevé d’après Gfi puisqu’une bonne partie n’a pu être retracée. L’estimation réelle des capitaux qui fuient le continent pourraient aller jusqu’à 1800 milliards de dollars. Les régions de l’Afrique de l’Ouest et du centre sont les plus touchées par le phénomène. Le Nigéria et l’Egypte avec respectivement 89,5 milliards et 70,5 milliards de dollars sont à la tête du pyramide. Ils sont suivis de l’Algérie (25.7 milliards de dollars), du Maroc (25 milliards de dollars) et de l’Afrique du sud (24.9 milliards de dollars). La fuite illicite de capitaux dépasse de loin l’aide publique au développement selon Gfi avec un ratio de 2 sur 1. D’après une étude du Gif, les pays en développement perdent 10 dollars sous forme de fuite de capitaux sur chaque dollar reçu en guise d’aide extérieure.

Cette hémorragie augmente également avec une moyenne annuelle de 11,9 %. Selon Raymond W. Baker « le flux massif d’argent illicite hors de l’Afrique est facilité par un système international opaque composé de paradis fiscaux, d’institutions secrètes, des sociétés déguisées, des comptes fiduciaires anonymes, des fondations fictives… et d’autres techniques de blanchiment d’argent ». L’impact de cette saignée est désastreux pour les économies africaines. Selon Gif cette fuite massive s’explique par les politiques laxistes des pays concernés et « les failles profondes du système financier international ». L’étude indique : « tant que l’hémorragie continue sur le long terme à un rythme rapide, les efforts pour booster la croissance économique vont être contrariés dans la mesure où la distribution des revenus sera de plus en plus biaisée » entrainant du coup plus d’instabilité économique et politique. Ce qui explique, selon le Gif, que malgré les efforts soutenus pour stimuler le développement économique et réduire la pauvreté, les résultats restent modestes. L’organisation exhorte les pays africains à faire de cette question une priorité et à prendre des mesures idoines pour s’attaquer au problème de la fuite des capitaux.

lagazette.sn

(*) Le titre est de la rédaction